{"id":9860,"date":"2025-11-09T09:48:30","date_gmt":"2025-11-09T08:48:30","guid":{"rendered":"https:\/\/umoove.art\/?p=9860"},"modified":"2025-11-09T09:49:54","modified_gmt":"2025-11-09T08:49:54","slug":"projet-de-la-matiere-gravite-du-geste-memoire-du-corps","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/umoove.art\/index.php\/2025\/11\/09\/projet-de-la-matiere-gravite-du-geste-memoire-du-corps\/","title":{"rendered":"Projet de la mati\u00e8re : gravit\u00e9 du geste, m\u00e9moire du corps"},"content":{"rendered":"\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"819\" src=\"https:\/\/umoove.art\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/Umoove-site-internet-3-1-1024x819.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-9861\" srcset=\"https:\/\/umoove.art\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/Umoove-site-internet-3-1-1024x819.jpg 1024w, https:\/\/umoove.art\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/Umoove-site-internet-3-1-300x240.jpg 300w, https:\/\/umoove.art\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/Umoove-site-internet-3-1-768x614.jpg 768w, https:\/\/umoove.art\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/Umoove-site-internet-3-1-1536x1229.jpg 1536w, https:\/\/umoove.art\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/Umoove-site-internet-3-1.jpg 2000w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Odile Duboc, la mati\u00e8re et le souvenir des choses invisibles<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>La France, pays de la m\u00e9taphysique et du pli cart\u00e9sien, n\u2019a jamais su quoi faire du corps. Il fallait une femme, n\u00e9e en 1941, pour le lui rappeler \u2014 non pas par le mot, mais par le mouvement. Odile Duboc, chor\u00e9graphe d\u2019exception, cr\u00e9a en 1993 une \u0153uvre que l\u2019on pourrait croire venue d\u2019un autre \u00e2ge, ou d\u2019un autre \u00e9tat de la mati\u00e8re : <em>Projet de la mati\u00e8re<\/em>. \u0152uvre-phare, \u0153uvre-souffle, \u0153uvre \u00e0 la fois dense et diaphane, elle devint ce que les historiens aiment appeler un \u201ctournant\u201d \u2014 autrement dit, un moment o\u00f9 l\u2019esprit d\u2019une \u00e9poque se met \u00e0 respirer diff\u00e9remment.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce projet, con\u00e7u avec la fid\u00e8le Fran\u00e7oise Michel, n\u2019\u00e9tait pas une simple chor\u00e9graphie, mais une sorte de m\u00e9ditation physique sur la texture du monde. L\u2019air y devenait dense, les corps y devenaient fluides, et la lumi\u00e8re \u2013 con\u00e7ue non comme un art d\u00e9coratif mais comme un organe \u2013 s\u2019y r\u00e9v\u00e9lait mati\u00e8re premi\u00e8re. Duboc n\u2019a pas seulement invent\u00e9 une danse : elle a fa\u00e7onn\u00e9 une exp\u00e9rience de la gravit\u00e9, une m\u00e9moire du sensible.<\/p>\n\n\n\n<p>Elle disait des corps de ses interpr\u00e8tes : \u00ab <em>Ils \u00e9taient tout \u00e0 coup en mouvement, dans des mouvements organiques et justes, dans la m\u00e9moire dynamique des \u00e9l\u00e9ments que je cherchais \u00e0 leur transmettre depuis toujours.<\/em> \u00bb Cette phrase, que tout critique devrait graver au frontispice de son carnet, est l\u2019un des manifestes les plus discrets de la danse contemporaine fran\u00e7aise. On y entend Bachelard respirer \u00e0 travers la chair, Merce Cunningham marcher sur l\u2019eau, et l\u2019ombre tut\u00e9laire de la philosophie fran\u00e7aise \u2013 celle qui pr\u00e9f\u00e8re le verbe au souffle \u2013 s\u2019effacer humblement devant la pr\u00e9sence imm\u00e9diate du corps.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>1993 \u2013 Le commencement de la mati\u00e8re<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>Cr\u00e9\u00e9 \u00e0 la Biennale de la danse du Val-de-Marne, <em>Projet de la mati\u00e8re<\/em> r\u00e9unit neuf interpr\u00e8tes : <strong>Brigitte Asselineau, Boris Charmatz, Laure Bonicel, Vincent Druguet, Dominique Grimonprez, Fran\u00e7oise Grolet, St\u00e9phane Imbert, Anne-Karine Lescop et Pedro Pauwels<\/strong>. Autour d\u2019eux, un cercle d\u2019artisans de l\u2019ombre : la plasticienne Marie-Jos\u00e9 Pillet, le sc\u00e9nographe Yves Le Jeune, la costumi\u00e8re Dominique Fabr\u00e8gue, la lumi\u00e8re \u2014 toujours \u2014 de Fran\u00e7oise Michel, et la musique de Donatoni, Nancarrow, Xenakis.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019\u0153uvre naquit d\u2019une double exp\u00e9rience : d\u2019abord, le contact des danseurs avec des objets con\u00e7us par Pillet, sculptures arrondies, pleines et creuses, comme des fragments d\u2019un monde sous-marin ; ensuite, la m\u00e9moire sensorielle de ce contact. Car Duboc ne chor\u00e9graphiait pas un geste, mais la persistance du geste. Le souvenir du toucher devenait le moteur de l\u2019espace.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans un texte de travail, elle \u00e9crivait : \u00ab <em>La lutte que nous engageons chaque instant de notre vie pour r\u00e9sister \u00e0 l&rsquo;attraction terrestre n&rsquo;est perceptible que dans l\u2019abandon de notre corps.<\/em> \u00bb La danse, ici, n\u2019est plus repr\u00e9sentation, mais r\u00e9sistance. Elle ne raconte rien, elle \u00e9prouve tout. Duboc, <em>refusait le divertissement pour l\u2019\u00e9preuve de v\u00e9rit\u00e9<\/em>. Ce fut, selon ses mots, \u00ab <em>une aventure forte qui marque une vie<\/em> \u00bb. Et l\u2019on comprend pourquoi : <em>Projet de la mati\u00e8re<\/em> ne visait pas \u00e0 s\u00e9duire, mais \u00e0 transformer.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Le temps, ce chor\u00e9graphe invisible<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>Dix ans plus tard, en 2003, la pi\u00e8ce rena\u00eet \u00e0 <em>La Filature<\/em> de Mulhouse. Certains interpr\u00e8tes reprennent leurs r\u00f4les, d\u2019autres les rejoignent : Bruno Danjoux, St\u00e9fany Ganachaud, Alban Richard, Fran\u00e7oise Rognerud, David Wampach. Le temps a pass\u00e9, mais la mati\u00e8re persiste. Ce n\u2019est plus la m\u00eame \u0153uvre, c\u2019est la m\u00eame m\u00e9moire.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette reprise, \u00e0 la mani\u00e8re des reprises baroques, est une exp\u00e9rience de transmission : comment rejouer un geste qui ne s\u2019\u00e9crit pas ? Comment r\u00e9activer une m\u00e9moire du corps sans la figer ? Duboc laisse les nouveaux danseurs traverser les anciens comme des r\u00e9miniscences vivantes. Les t\u00e9moignages des participants \u2014 chor\u00e9graphe, danseurs, plasticienne, sc\u00e9nographe, costumi\u00e8re \u2014 deviennent la trame d\u2019un livre collectif, <em>Les mots de la mati\u00e8re<\/em>. Ce n\u2019est pas un simple document, mais une constellation de voix : l\u2019\u0153uvre s\u2019y recompose dans le temps, comme un corps en expansion. On y per\u00e7oit les contradictions f\u00e9condes d\u2019un art du vivant : entre discipline et abandon, m\u00e9moire et invention, mati\u00e8re et esprit. Le philosophe Paul Virilio, qu\u2019Odile Duboc lisait avec passion, parlait de la \u201cvitesse pure\u201d comme d\u2019une forme de disparition. Duboc, \u00e0 sa mani\u00e8re, invente la lenteur pure : un art o\u00f9 l\u2019immobile contient d\u00e9j\u00e0 le mouvement, o\u00f9 le geste suspendu devient plus \u00e9loquent que l\u2019action.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-embed is-type-video is-provider-dailymotion wp-block-embed-dailymotion wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio\"><div class=\"wp-block-embed__wrapper\">\n<iframe loading=\"lazy\" title=\"Projet de la mati\u00e8re, une transmission\" frameborder=\"0\" width=\"500\" height=\"281\" src=\"https:\/\/geo.dailymotion.com\/player.html?video=xz4n3y&#038;\" allowfullscreen allow=\"autoplay; fullscreen; picture-in-picture; web-share\"><\/iframe>\n<\/div><\/figure>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>De la gravit\u00e9 \u00e0 la gr\u00e2ce : la po\u00e9tique Dubocienne<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>Il faut avoir vu <em>Projet de la mati\u00e8re<\/em> pour comprendre cette \u00e9trange dialectique entre la pesanteur et l\u2019envol. Les corps semblent flotter entre deux densit\u00e9s : l\u2019air et la m\u00e9moire. L\u2019\u00e9criture chor\u00e9graphique, cisel\u00e9e comme un cristal, s\u2019appuie sur une musicalit\u00e9 int\u00e9rieure, presque inaudible, qui \u00e9voque les quatuors d\u2019Arcado ou les fractures rythmiques de Nancarrow.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce que Duboc nomme \u201cla mati\u00e8re\u201d, c\u2019est le monde per\u00e7u avant le langage. Elle rejoint ici les intuitions de Bachelard sur \u201cla po\u00e9tique des \u00e9l\u00e9ments\u201d, mais aussi l\u2019\u00e9nigme de Blanchot : le corps qui danse, chez elle, ne signifie rien, il <em>t\u00e9moigne<\/em>. Il porte le souvenir du vivant avant toute forme.<\/p>\n\n\n\n<p>Et pourtant, rien de mystique dans tout cela. Duboc est d\u2019une rigueur classique, h\u00e9riti\u00e8re de la danse acad\u00e9mique qu\u2019elle pratique d\u00e8s l\u2019\u00e2ge de quatre ans. Ce classicisme, transpos\u00e9 dans un langage du sensible, fait de son travail une architecture invisible. Duboc interroge l\u2019Histoire de la danse en France : elle la d\u00e9mythifie sans la renier, en y insufflant le souffle du doute, la noblesse du questionnement.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Le legs d\u2019une femme de gravit\u00e9<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>Quand elle s\u2019\u00e9teint en 2010, \u00e0 Paris, Odile Duboc laisse derri\u00e8re elle non seulement des \u0153uvres, mais une m\u00e9thode : penser par le corps, transmettre par le geste. De 1990 \u00e0 2008, \u00e0 la t\u00eate du Centre chor\u00e9graphique national de Franche-Comt\u00e9 \u00e0 Belfort, elle fit de ce lieu un laboratoire de lenteur et d\u2019\u00e9coute, o\u00f9 la p\u00e9dagogie rejoignait la recherche.<\/p>\n\n\n\n<p>Elle a form\u00e9 \u2013 ou inspir\u00e9 \u2013 toute une g\u00e9n\u00e9ration : <strong><a href=\"https:\/\/umoove.art\/index.php\/2022\/12\/10\/manger-boris-charmatz\/\" title=\"\">Boris Charmatz<\/a>, Myriam Gourfink, Alban Richard<\/strong>\u2026 Des artistes pour qui la danse est autant une pens\u00e9e qu\u2019une pratique. En cela, Duboc n\u2019\u00e9tait pas seulement une chor\u00e9graphe, mais une philosophe du mouvement, une femme qui sut, mieux que beaucoup d\u2019intellectuels, comprendre que la mati\u00e8re n\u2019est pas ce qui s\u2019oppose \u00e0 l\u2019esprit, mais ce qui le rend possible.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>La m\u00e9moire comme chor\u00e9graphie<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>\u201cM\u00e9moire\u201d \u2014 le mot revient sans cesse. Chez Duboc, elle n\u2019est pas souvenir, mais mouvement. M\u00e9moire sensorielle du toucher, m\u00e9moire d\u2019une \u0153uvre rejou\u00e9e, m\u00e9moire d\u2019un collectif qui se souvient ensemble. C\u2019est ici que <em>Projet de la mati\u00e8re<\/em> rejoint la <a href=\"https:\/\/www.lespressesdureel.com\/ouvrage.php?id=761&amp;menu=0\" title=\"\">litt\u00e9rature<\/a>. Duboc revisite la danse \u00e0 travers ses traces. Elle ne reconstruit pas le pass\u00e9 : elle le rend palpable. Chaque reprise, chaque transmission devient une relecture du monde.<\/p>\n\n\n\n<p>La danse, disait-elle, est \u201cun cri qui vient de l\u2019int\u00e9rieur\u201d. Et si la danse est ce cri, <em>Projet de la mati\u00e8re<\/em> en est l\u2019\u00e9cho le plus pur : un murmure qui traverse le temps, une respiration qui, trente ans plus tard, continue d\u2019agiter l\u2019air. Dans un si\u00e8cle satur\u00e9 d\u2019images, Odile Duboc nous a offert une \u0153uvre sans image : une pure sensation. <em>Projet de la mati\u00e8re<\/em> n\u2019a pas vieilli parce qu\u2019il n\u2019a jamais appartenu \u00e0 son \u00e9poque \u2014 il appartient \u00e0 cette part de nous qui continue de lutter contre la gravit\u00e9, chaque jour, sans en avoir conscience.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>C\u00e9dric Chaory<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>\u00a9 Jean Gros-Abadie<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Odile Duboc, la mati\u00e8re et le souvenir des choses invisibles La France, pays de la m\u00e9taphysique et du pli cart\u00e9sien, n\u2019a jamais su quoi faire du corps. Il fallait une femme, n\u00e9e en 1941, pour le lui rappeler \u2014 non pas par le mot, mais par le mouvement. 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