{"id":2731,"date":"2022-12-13T13:17:13","date_gmt":"2022-12-13T12:17:13","guid":{"rendered":"http:\/\/umoove.art\/?p=2731"},"modified":"2022-12-13T13:29:58","modified_gmt":"2022-12-13T12:29:58","slug":"sylvain-dufour","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/umoove.art\/index.php\/2022\/12\/13\/sylvain-dufour\/","title":{"rendered":"Sylvain Dufour"},"content":{"rendered":"\t\t<div data-elementor-type=\"wp-post\" data-elementor-id=\"2731\" class=\"elementor elementor-2731\" data-elementor-post-type=\"post\">\n\t\t\t\t\t\t\t\t\t<section class=\"elementor-section elementor-top-section elementor-element elementor-element-6ec42b2 elementor-section-boxed elementor-section-height-default elementor-section-height-default\" data-id=\"6ec42b2\" data-element_type=\"section\">\n\t\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-container elementor-column-gap-default\">\n\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-column elementor-col-100 elementor-top-column elementor-element elementor-element-6ce88b6\" data-id=\"6ce88b6\" data-element_type=\"column\">\n\t\t\t<div class=\"elementor-widget-wrap elementor-element-populated\">\n\t\t\t\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-element elementor-element-9f22d04 elementor-widget elementor-widget-image\" data-id=\"9f22d04\" data-element_type=\"widget\" data-widget_type=\"image.default\">\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-widget-container\">\n\t\t\t<style>\/*! elementor - v3.14.0 - 26-06-2023 *\/\n.elementor-widget-image{text-align:center}.elementor-widget-image a{display:inline-block}.elementor-widget-image a img[src$=\".svg\"]{width:48px}.elementor-widget-image img{vertical-align:middle;display:inline-block}<\/style>\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"768\" height=\"614\" src=\"https:\/\/umoove.art\/wp-content\/uploads\/2022\/12\/Songook-Yaakaar-Germaine-Acogny-49-1-768x614.png\" class=\"attachment-medium_large size-medium_large wp-image-1835\" alt=\"\" srcset=\"https:\/\/umoove.art\/wp-content\/uploads\/2022\/12\/Songook-Yaakaar-Germaine-Acogny-49-1-768x614.png 768w, https:\/\/umoove.art\/wp-content\/uploads\/2022\/12\/Songook-Yaakaar-Germaine-Acogny-49-1-300x240.png 300w, https:\/\/umoove.art\/wp-content\/uploads\/2022\/12\/Songook-Yaakaar-Germaine-Acogny-49-1-1024x819.png 1024w, https:\/\/umoove.art\/wp-content\/uploads\/2022\/12\/Songook-Yaakaar-Germaine-Acogny-49-1-1536x1229.png 1536w, https:\/\/umoove.art\/wp-content\/uploads\/2022\/12\/Songook-Yaakaar-Germaine-Acogny-49-1.png 2000w\" sizes=\"auto, (max-width: 768px) 100vw, 768px\" \/>\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t<\/div>\n\t\t\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t<\/section>\n\t\t\t\t<section class=\"elementor-section elementor-top-section elementor-element elementor-element-bf81246 elementor-section-boxed elementor-section-height-default elementor-section-height-default\" data-id=\"bf81246\" data-element_type=\"section\">\n\t\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-container elementor-column-gap-default\">\n\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-column elementor-col-100 elementor-top-column elementor-element elementor-element-f5d2332\" data-id=\"f5d2332\" data-element_type=\"column\">\n\t\t\t<div class=\"elementor-widget-wrap elementor-element-populated\">\n\t\t\t\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-element elementor-element-fbcffa8 elementor-widget elementor-widget-text-editor\" data-id=\"fbcffa8\" data-element_type=\"widget\" data-widget_type=\"text-editor.default\">\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-widget-container\">\n\t\t\t<style>\/*! elementor - v3.14.0 - 26-06-2023 *\/\n.elementor-widget-text-editor.elementor-drop-cap-view-stacked .elementor-drop-cap{background-color:#69727d;color:#fff}.elementor-widget-text-editor.elementor-drop-cap-view-framed .elementor-drop-cap{color:#69727d;border:3px solid;background-color:transparent}.elementor-widget-text-editor:not(.elementor-drop-cap-view-default) .elementor-drop-cap{margin-top:8px}.elementor-widget-text-editor:not(.elementor-drop-cap-view-default) .elementor-drop-cap-letter{width:1em;height:1em}.elementor-widget-text-editor .elementor-drop-cap{float:left;text-align:center;line-height:1;font-size:50px}.elementor-widget-text-editor .elementor-drop-cap-letter{display:inline-block}<\/style>\t\t\t\t<p><strong>Quatre danseurs et une com\u00e9dienne donnent corps et voix \u00e0 la pi\u00e8ce de Sylvain Dufour <em>Catena<\/em> \u00e0 la Sc\u00e8ne nationale d\u2019Orl\u00e9ans en ce d\u00e9but novembre. Rencontre avec le jeune chor\u00e9graphe.<\/strong><\/p><p><strong style=\"font-style: inherit; background-color: var(--ast-global-color-5);\">Quel est votre parcours ?<\/strong><\/p><p>J\u2019ai fait un bac scientifique option arts plastiques et latin. Un tout petit peu de droit mais j\u2019ai arr\u00eat\u00e9 tr\u00e8s tr\u00e8s vite. Apr\u00e8s j\u2019ai suivi une pr\u00e9pa beaux arts. Et parall\u00e8lement \u00e0 tout \u00e7a, je faisais du th\u00e9\u00e2tre en amateur, au th\u00e9\u00e2tre universitaire de Ch\u00e2teauroux, qui \u00e9tait en lien avec la sc\u00e8ne nationale. L\u2019ann\u00e9e suivante j\u2019\u00e9tais \u00e0 Paris 3, La Sorbonne Nouvelle \u00e0 Censier, en licence arts du spectacle option th\u00e9\u00e2tre. C\u2019est l\u00e0 o\u00f9 j\u2019ai vraiment pu commencer la danse contemporaine par un biais universitaire. Apr\u00e8s cette licence, je n\u2019ai pas voulu faire de master ou de doctorat parce que c\u2019\u00e9tait beaucoup trop th\u00e9orique et je ne voulais pas devenir professeur, j\u2019ai continu\u00e9 en faisant un CEC, un Certificat d\u2019Etudes Corporelles. Ca n\u2019est pas reconnu par l\u2019\u00e9tat, mais \u00e7a me permettait de continuer d\u2019aller \u00e0 la fac et de ne faire que de la pratique. J\u2019avais 6, 7 heures de danse par semaine, qui alternaient entre ateliers techniques, ateliers de cr\u00e9ation et ateliers d\u2019improvisation. Apr\u00e8s j\u2019ai commenc\u00e9 \u00e0 travailler dans le spectacle vivant. Je continue \u00e0 me former aupr\u00e8s de personnes dont l\u2019univers artistique m\u2019int\u00e9resse : Mi\u00e9 Coquempot, Alban Richard, Fabienne Menjuck\u2026<\/p><p><strong>Quel est le point de d\u00e9part de Catena ?<\/strong><\/p><p><em>Catena<\/em> vient d\u2019une envie de parler d\u2019aujourd\u2019hui. L\u2019origine m\u00eame vient d\u2019un texte que j\u2019ai \u00e9crit il y a trois ans : <em>Cat\u00e9naire<\/em>. Je l\u2019ai \u00e9crit et adapt\u00e9 afin qu\u2019il soit jou\u00e9 par des lyc\u00e9ens. Je donne des ateliers th\u00e9\u00e2tre, enfin th\u00e9\u00e2tre \u00e7a vire un petit peu au mouvement et \u00e0 la danse. <em>Catena<\/em>, \u00e7a veut dire la cha\u00eene, le lien en latin et je voulais parler de la vie, et de la vie de la ville, et de des int\u00e9riorit\u00e9s de chacun. La ville qui nous rend tous un peu fous. J\u2019ai pris des \u00e9l\u00e9ments de Cat\u00e9naire, l\u2019\u00e9crit, et j\u2019ai relev\u00e9 ce qui me parlait le plus dedans. Donc je voulais vraiment avec <em>Catena<\/em> aller plus loin dans le mouvement que je n\u2019avais pu le faire avec les lyc\u00e9ens. J\u2019ai voulu \u00e9crire une partition de mouvements en rapport avec le flux de mouvements dans la ville. Le flux des urbains dans la ville. Peter Sloterdijk, qui a \u00e9crit <em>Sph\u00e8re<\/em>, <em>Bulle<\/em> et un troisi\u00e8me tome qui s\u2019appelle <em>Ecume,<\/em> je crois, est un des auteurs de r\u00e9f\u00e9rence pour ce travail.<em> Catena<\/em> rel\u00e8ve un peu de cette pens\u00e9e. On va dire qu\u2019il y a le monde, c\u2019est la sph\u00e8re dans laquelle y a des bulles des gens. Il se cr\u00e9e plusieurs couches de lecture. Je voulais partir donc du flux et arriver \u00e0 un moment, comme on le fait au cinema, \u00e0 des zooms sur une personne. Dans une foule, essayer d\u2019acc\u00e9der \u00e0 l\u2019int\u00e9riorit\u00e9 de certaines personnes plus qu\u2019\u00e0 d\u2019autres.<\/p><p>Parall\u00e8lement \u00e0 Cat\u00e9naire j&rsquo;avais envie de travailler sur un auteur que j\u2019appr\u00e9cie tout particuli\u00e8rement, Dominique Sampiero. Il a \u00e9crit un texte qui s&rsquo;appelle <em>Centre ville<\/em>. Un texte \u00e0 la fois po\u00e9tique et tr\u00e8s sensoriel. Je voulais \u00e0 la base travailler avec ce texte pour en faire une partition chant\u00e9e et une partition pour violoncelle.\u00a0 Projet qui se fera sans doute plus tard.<\/p><p>L&rsquo;autre r\u00e9f\u00e9rence artistique pour <em>Catena<\/em> fut le film de Wim Wenders, <em>Les ailes du d\u00e9sir. <\/em>A la mani\u00e8re des anges du film qui observent les gens et des parques qui tissent le fil de la vie et qui peuvent aussi le couper, <em>Catena<\/em> propose des personnages appel\u00e9s distantes. Elles sont l\u00e0, elles observent l&rsquo;homme sans le juger. On ne sait pas trop quel est \u00a0leur rapport \u00e0 l&rsquo;homme, sont-ils leur enfant, leur amant\u2026 Elles sont toujours bienveillantes et regardent l\u2019homme comme si ells \u00e9taient au-dessus de lui.<\/p><p>D&rsquo;ailleurs au niveau musical, la cr\u00e9ation faite par Benoist Bouvot, s\u2019est fait \u00e0 partir de cela. Il a pris des sons dans le m\u00e9tro, qu&rsquo;il va distendre pour en faire des nappes sonores et cr\u00e9er une musique sp\u00e9ciale pour ces personnages. <span style=\"font-style: inherit; font-weight: inherit; background-color: var(--ast-global-color-5);\"><em>Catena<\/em> est construit en quatre parties, dans chacune d\u2019elle, il y a ces histoires de focus. C\u2019est aussi quatre partie pour \u00e9voquer les quatre parties de la vie : l\u2019enfance, l\u2019adolescence, l\u2019\u00e2ge adulte, la vieillesse et l\u2019au-del\u00e0. C\u2019est aussi le printemps, l\u2019\u00e9t\u00e9, l\u2019automne, l\u2019hiver.\u00a0<\/span><span style=\"font-style: inherit; font-weight: inherit; background-color: var(--ast-global-color-5);\"><em>Catena<\/em> c\u2019est aussi le lien avec le cat\u00e9naire, le fil \u00e9lectrique. Ainsi la rame de m\u00e9tro pourrait \u00eatre une m\u00e9taphore de la vie. Dans une rame il y a plein de gens d\u2019origines diverses, de milieux sociaux diff\u00e9rents qui se c\u00f4toient \u00e0 un moment, en transport en commun ou non, mais qui finalement se croisent plus qu\u2019ils ne se c\u00f4toient. On n\u2019acc\u00e8de jamais vraiment \u00e0 ce que pensent les gens.<\/span><\/p><p><em>Catena<\/em> parle aussi du corps sportif. A partir du corps des danseurs et de la com\u00e9dienne, je voulais travailler diff\u00e9rents axes. Tout au long de la repr\u00e9sentation, on va dire qu&rsquo;ils changent leur curseur. Et je pense que \u00e7a n&rsquo;est pas toujours tr\u00e8s \u00e9vident pour eux, mais il y a plein de moments de changements d&rsquo;\u00e9tats de corps, et le corps sportif en fait partie. Sous diff\u00e9rents moyens, parce que pour moi la vie de la ville, pourrait \u00eatre assimil\u00e9e \u00e0 un sport avec la contrainte du temps. Une sorte de performance \u00e0 faire chaque jour, r\u00e9pondre \u00e0 des contraintes. C&rsquo;est comme un jeu. Comme si l&rsquo;on cherchait \u00e0 avoir une m\u00e9daille, qui serait le salaire que l&rsquo;on a \u00e0 la fin du mois. Ca parle des contraintes de la vie. La vie de la ville ce serait un peu r\u00e9ducteur. Ca parle des contraintes de la vie en g\u00e9n\u00e9ral, des contraintes sociales, environnementales. Mon spectacle, n&rsquo;est pas un jugement mais plut\u00f4t un constat sur la violence qu&rsquo;exerce les grandes villes, leur duret\u00e9. Tout y parait plus accentu\u00e9 que dans des petites villes. C&rsquo;est aussi parler de l&rsquo;incommunicabilit\u00e9. De tout ce que l&rsquo;on ne dit pas, ce qu&rsquo;on contient, ce que l&rsquo;on cache. Une forme d&rsquo;oubli en quelque sorte. S&rsquo;oublier soi et oublier les autres. Tous les appareils t\u00e9l\u00e9phoniques, vid\u00e9os\u2026 utilis\u00e9s par les gens sont autant de fa\u00e7on de rester dans sa bulle, dans son chez soi et de ne pas entrer en contact avec les autres.<\/p><p>On ne peut pourtant pas vivre en ignorant en permanence l&rsquo;autre.<\/p><p><strong>Pourquoi choisir la danse-th\u00e9\u00e2tre comme mode d\u2019expression\u00a0?<\/strong><\/p><p>Parce que je me sers du texte comme partition de mouvements.\u00a0<span style=\"font-style: inherit; font-weight: inherit; background-color: var(--ast-global-color-5);\">Ce n\u2019est pas forc\u00e9ment volontaire d\u2019avoir choisi une com\u00e9dienne et quatre danseurs. Je voulais surtout que les interpr\u00e8tes ne se ressemblent pas. J\u2019ai surtout pris des personnes qui venaient d\u2019origine tr\u00e8s diverses. Edouard vient de la danse contemporaine et baroque, Christine Caradec vient de la danse contemporaine et de la notation Laban, Fanny Brancourt de la danse afro-contemporaine, Virginie Baudoin vient du th\u00e9\u00e2tre, et\u00a0 Camille Cau vient de la danse contemporaine et du modern-jazz. Peu importe qu\u2019ils soient danseurs ou com\u00e9diens, finalement, ils sont les deux sur la cr\u00e9ation. D\u2019ailleurs pour moi c\u2019est un peu un probl\u00e8me de classer ce que je fais. M\u00eame au niveau des institutions. En France, on n\u2019est pas encore tr\u00e8s tr\u00e8s ouvert, dans les institutions comme la DRAC, \u00e0 aider des cr\u00e9ations o\u00f9 plusieurs disciplines se m\u00ealent. On a un conseiller DRAC danse, un conseiller DRAC th\u00e9\u00e2tre, il n\u2019y a pas de conseiller interdisciplinaire. Hors de nos jours ce parti pris prend une grande ampleur.<\/span><\/p><p><strong>Comment s&rsquo;est pass\u00e9 le travail avec les interpr\u00e8tes ?<\/strong><\/p><p>Certaines parties sont vraiment \u00e9crites avec des choses qu&rsquo;on a pu voir, ou des images que j&rsquo;avais. Apr\u00e8s, je leur ai laiss\u00e9 vraiment une part de travail \u00e0 partir de ce qu&rsquo;ils sont, de leurs propositions, parce que \u00e7a correspondait plus au projet. Puis on repr\u00e9cisait des choses qui me paraissaient plus fortes que d&rsquo;autres. Apr\u00e8s \u00e7a d\u00e9pend des s\u00e9quences. Certaines sont \u00e9crites, d&rsquo;autres laissent une part \u00e0 l&rsquo;improvisation, enfin comme une improvisation dirig\u00e9e quoi. Je donne un cadre, dans lequel l&rsquo;interpr\u00e8te improvise, propose quelque chose, qu&rsquo;on \u00e9crit par la suite. Sur le corps c&rsquo;est comme cela que je fonctionne.<\/p><p><strong>Et pour ce qui est du texte ?<\/strong><\/p><p>Sur le texte, je crois que j&rsquo;ai \u00e9t\u00e9 assez simple. Je n&rsquo;ai pas voulu que les interpr\u00e8tes deviennent des personnages. J&rsquo;ai plut\u00f4t voulu que \u00e7a se fasse sur des degr\u00e9s de voix. Il y a du chuchotement, pas de cri mais l&rsquo;id\u00e9e de d\u00e9ploiement. On a travaill\u00e9 un peu comme au th\u00e9\u00e2tre mais je ne voulais pas qu&rsquo;ils d\u00e9forment leur voix. C\u2019est une fragilit\u00e9 du spectacle parce que c&rsquo;est \u00e0 partir de leur voix qu&rsquo;ils cr\u00e9ent. Ils sont des sortes de personnages mais des personnages avec beaucoup d&rsquo;eux-m\u00eames. Apr\u00e8s, il y a des moments, surtout pour la com\u00e9dienne, au texte tr\u00e8s fragment\u00e9 et rythmique. Il raconte une histoire sans en raconteur vraiment une. Son texte devient musique. Il y a donc une mani\u00e8re de le dire, de mettre des silences, d&rsquo;appuyer certains mots et une mani\u00e8re de l&rsquo;adresser. A qui on le dit ? Est-ce que c&rsquo;est une int\u00e9riorit\u00e9 ou est-ce que c&rsquo;est vraiment face public par exemple ? Voil\u00e0 le genre de travaux qu&rsquo;on a pu faire.<\/p><p><strong>Est-ce quelque chose de r\u00e9current l&rsquo;adresse frontale au spectateur ?<\/strong><\/p><p>Ca d\u00e9pend. Mais dans ce travail cela me paraissait important parce que \u00e7a \u00e9tablit une forme de lien avec le spectateur qui est comme un miroir. Apr\u00e8s \u00e7a d\u00e9pend des projets, parfois il y a ce qu&rsquo;on appelle le quatri\u00e8me mur. Mais j&rsquo;ai plut\u00f4t du mal avec \u00e7a, parce que c&rsquo;est pareil, c&rsquo;est un peu comme l&rsquo;aspect technique, c&rsquo;est la m\u00eame chose pour la voix. C&rsquo;est vraiment artificiel d&rsquo;ignorer que des gens sont en train d&rsquo;\u00eatre regard\u00e9s. C\u2019est une chose qui m&rsquo;interroge en tout cas. L\u00e0 je trouvais important que les soli soient adress\u00e9s au public comme des sortes de signatures d&rsquo;identit\u00e9, une fa\u00e7on de se d\u00e9voiler et de d\u00e9voiler son monde int\u00e9rieur.<\/p><p><strong>Qu\u2019est-ce que l\u2019axe danse-th\u00e9\u00e2tre apporte au texte\u00a0?<\/strong><\/p><p>Pour moi, le texte est plus comme une musique, y a une histoire de rythmique, comment on le dit, comment on ne le dit pas mais on le vit\u2026 La danse permet de dire des choses que le texte ne dit pas. Elle permet d\u2019aller plus loin. Ce que j\u2019\u00e9cris n\u2019est pas toujours tr\u00e8s concret, du coup la danse, le corps permet d\u2019aller au-del\u00e0, d\u2019apporter quelque chose d\u2019autre.<\/p><p>L\u2019aspect du corps avec <em>Catena<\/em>, est enfin l\u00e0 o\u00f9 j\u2019avais envie d\u2019aller. Apr\u00e8s j\u2019aimerai encore aller plus loin. Dans mes cr\u00e9ations, je fais de la mise en sc\u00e8ne, de la sc\u00e9nographie, et souvent la sc\u00e9nographie influe \u00e9norm\u00e9ment sur les d\u00e9placements, le jeu du com\u00e9dien ou du danseur. Et d\u2019ailleurs dans <em>Catena<\/em>, les danseurs ont de nombreuses choses \u00e0 faire. Ils ne sont pas que com\u00e9diens ou danseurs, ils sont aussi les auteurs d\u2019une sc\u00e9nographie en mouvement. C\u2019est quelque chose que j\u2019ai d\u00e9j\u00e0 fait dans un spectacle. Il y avait des panneaux de bois sur roulettes et une partie des interpr\u00e8tes devaient changer les panneaux \u00e0 chaque s\u00e9quence. 39 s\u00e9quences, 39 changements. La memorisation de ces changements et son execution cr\u00e9ent une sorte de chor\u00e9graphie.<\/p><p>C\u2019est quelque chose qui me tient \u00e0 c\u0153ur et qui vient de loin. L\u2019espace est souvent fort dans ce que je propose. Ca me fait penser \u00e0 deux metteurs en sc\u00e8ne des ann\u00e9es 30, Craig et Appia, o\u00f9 l\u2019espace de la repr\u00e9sentation prenait une place tr\u00e8s forte. Il bougeait en m\u00eame temps que les com\u00e9diens sur le plateau. Cela m\u2019int\u00e9resse qu\u2019il y ait \u00e0 la fois le corps du com\u00e9dien, du danseur, du performeur qui bouge mais aussi l\u2019espace autour de lui.<\/p><p><strong>Le travail de la lumi\u00e8re et du son sont aussi importants pour cr\u00e9er cet espace et le transformer ?<\/strong><\/p><p>Le son, j\u2019y pense mais pas tant que \u00e7a. Pour moi la lumi\u00e8re est plus forte pr\u00e9gnante. Maintenant c\u2019est en train d\u2019\u00e9voluer. On travaille en bin\u00f4me avec le cr\u00e9ateur lumi\u00e8re, Niko Lamati\u00e8re. Quand j\u2019imagine la sc\u00e9nographie, je sais \u00e0 peu pr\u00e8s, quel environnement lumineux j\u2019ai envie d\u2019avoir. Donc on discute beaucoup, apr\u00e8s je lui laisse une part de cr\u00e9ation. La lumi\u00e8re est pour moi tr\u00e8s importante parce qu\u2019il y a encore cette histoire de zoom, de focus dont je parlais tout \u00e0 l\u2019heure, de flou, de foule floue. C\u2019est un peu compliqu\u00e9 de constituer cela au th\u00e9\u00e2tre alors qu\u2019au cin\u00e9ma c\u2019est beaucoup plus simple, on arrive \u00e0 faire des flous et apr\u00e8s \u00e0 mettre quelqu\u2019un en avant. Ca m\u2019int\u00e9resse vraiment de le faire avec la lumi\u00e8re du plateau.<\/p><p>Eclairer l\u2019espace sans forc\u00e9ment \u00e9clairer l\u2019interpr\u00e8te, mais le sentir malgr\u00e9 tout bouger. J\u2019aime beaucoup l\u2019aspect technique de la lumi\u00e8re et ai un peu du mal avec ce qui est cach\u00e9. C\u2019est-\u00e0-dire avec l\u2019id\u00e9e de cacher tout ce qui est technique. Le grill technique est pr\u00e9sent dans mon travail, on le voit, on voit les projecteurs. Le spectateur voit toute la machinerie th\u00e9\u00e2trale. C\u2019est un peu la recr\u00e9ation d\u2019un monde donc on voit tout.<\/p><p>J&rsquo;aime beaucoup utiliser des cyclos, des cycloramas, des fonds blancs comme des \u00e9crans de cin\u00e9ma. On peut s&rsquo;en servir comme supports de projection mais aussi de r\u00e9troprojection. Ca cr\u00e9e tr\u00e8s tr\u00e8s vite des silhouettes. On ne voit pas forc\u00e9ment le visage, mais on voit des corps se dessiner. Dessiner un corps, des lignes, un espace g\u00e9om\u00e9trique sont des choses que j&rsquo;appr\u00e9cie. C&rsquo;est en lien avec un courant que j&rsquo;aime beaucoup : le constructivisme. Meyerhold qui \u00e9tait plut\u00f4t metteur en sc\u00e8ne de th\u00e9\u00e2tre, avait tout un travail pour les com\u00e9diens, un travail de corps, de lignes. Travail pouvant faire penser aux phrases gestuelles de Jacques Lecoq. Forc\u00e9ment bien en amont de lui. Plein d&rsquo;entrainement, comment on fait pour tirer \u00e0 l&rsquo;arc sur sc\u00e8ne alors qu&rsquo;on n&rsquo;a pas d&rsquo;arc\u2026 enfin plein de choses comme \u00e7a. C&rsquo;est int\u00e9ressant de voir comment le corps influence le texte<\/p><p><strong>Comment s&rsquo;est pass\u00e9e la production de <em>Catena<\/em> ?<\/strong><\/p><p>Le coproducteur, c&rsquo;est Equinoxe, la sc\u00e8ne nationale de Ch\u00e2teauroux. Ils nous fournissent \u00e0 peu pr\u00e8s un cinqui\u00e8me du budget de production. La r\u00e9gion Centre qui m&rsquo;a aid\u00e9, \u00e0 hauteur d&rsquo;un peu moins d&rsquo;un cinqui\u00e8me du budget. Ensuite, il y a eu diff\u00e9rents lieux qui nous ont accueilli. L\u2019eco-quartier de la ville d&rsquo;Uzerches. On a pu travailler dans une ancienne papeterie qui est en train d&rsquo;\u00eatre r\u00e9habilit\u00e9e. Cela m&rsquo;a permis de dessiner l&rsquo;espace dans les bonnes dimensions pour me rendre compte de ce que \u00e7a allait donner, d&rsquo;\u00e9crire et d&rsquo;essayer des choses corporellement. Apr\u00e8s nous avons eu une mise \u00e0 disposition de studios au Centre national de la Danse \u00e0 Pantin.<\/p><p>Nous avons eu ensuite une premi\u00e8re residence de travail au Domaine de S\u00e9di\u00e8res en Corr\u00e8ze (lieu qui appartient au conseil r\u00e9gional de Corr\u00e8ze et \u00e0 l&rsquo;ADIAM). C&rsquo;\u00e9tait la premi\u00e8re phase de r\u00e9sidence . La deuxi\u00e8me phase a eut lieu elle, \u00e0 la Briqueterie, le Centre de D\u00e9veloppement du Val de Marne. Enfin nous avons \u00e9t\u00e9 accueilli \u00e0 la M\u00e9nagerie de Verre, dans le cadre du studio Lab. A partir du 28 octobre nous serons \u00e0 la Sc\u00e8ne Nationale d&rsquo;Orl\u00e9ans et terminerons les 6 et 7 novembre par deux repr\u00e9sentations. Sur la saison 2015\/2016, il y aura la sc\u00e8ne nationale de Ch\u00e2teauroux. Nous esp\u00e9rons que d\u2019autres dates suivront.<\/p><p><strong>Quels sont les prochains projets de la Lust Compagnie ?<\/strong><\/p><p>A c\u00f4t\u00e9 de <em>Catena<\/em>, y a plusieurs cr\u00e9ations, surtout avec des amateurs. Mais certaines, comme Cat\u00e9naire, m&rsquo;ont influenc\u00e9 pour cr\u00e9er des choses avec des professionnels. La sc\u00e8ne nationale d&rsquo;Orl\u00e9ans m&rsquo;a demand\u00e9 de faire des ateliers avec des amateurs, des lyc\u00e9ens en option danse, et donc pour eux je suis en train d&rsquo;imaginer une cr\u00e9ation qui s&rsquo;appelle <em>Caliginary Nitescent Memory<\/em> sur la brume, la fum\u00e9e, le souvenir, la m\u00e9moire. Et parall\u00e8lement, \u00e0 cela j&rsquo;ai \u00e9crit un texte qui s&rsquo;appelle <em>Fugue Lychen<\/em>. C\u2019est un texte qui parle de la campagne, de nos campagnes. Qu&rsquo;est-ce que c&rsquo;est ? Les souvenirs qu&rsquo;on en a ? D&rsquo;o\u00f9 l&rsquo;on vient ?<\/p><p><strong>Propos recueillis par<\/strong> <strong>Fanny Brancourt<\/strong><\/p><p>\u00a9<strong>Bruno Perroud<\/strong><\/p>\t\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t<\/div>\n\t\t\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t<\/section>\n\t\t\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Quatre danseurs et une com\u00e9dienne donnent corps et voix \u00e0 la pi\u00e8ce de Sylvain Dufour Catena \u00e0 la Sc\u00e8ne nationale d\u2019Orl\u00e9ans en ce d\u00e9but novembre. Rencontre avec le jeune chor\u00e9graphe. Quel est votre parcours ? J\u2019ai fait un bac scientifique option arts plastiques et latin. Un tout petit peu de droit mais j\u2019ai arr\u00eat\u00e9 tr\u00e8s &hellip;<\/p>\n<p class=\"read-more\"> <a class=\"\" href=\"https:\/\/umoove.art\/index.php\/2022\/12\/13\/sylvain-dufour\/\"> <span class=\"screen-reader-text\">Sylvain Dufour<\/span> Lire la suite\u00a0\u00bb<\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"site-sidebar-layout":"default","site-content-layout":"default","ast-global-header-display":"","ast-banner-title-visibility":"","ast-main-header-display":"","ast-hfb-above-header-display":"","ast-hfb-below-header-display":"","ast-hfb-mobile-header-display":"","site-post-title":"","ast-breadcrumbs-content":"","ast-featured-img":"","footer-sml-layout":"","theme-transparent-header-meta":"","adv-header-id-meta":"","stick-header-meta":"","header-above-stick-meta":"","header-main-stick-meta":"","header-below-stick-meta":"","footnotes":""},"categories":[9],"tags":[],"class_list":["post-2731","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-interview-interview"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/umoove.art\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2731","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/umoove.art\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/umoove.art\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/umoove.art\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/umoove.art\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=2731"}],"version-history":[{"count":4,"href":"https:\/\/umoove.art\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2731\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":2735,"href":"https:\/\/umoove.art\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2731\/revisions\/2735"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/umoove.art\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=2731"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/umoove.art\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=2731"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/umoove.art\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=2731"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}