{"id":10927,"date":"2026-04-07T14:03:23","date_gmt":"2026-04-07T12:03:23","guid":{"rendered":"https:\/\/umoove.art\/?p=10927"},"modified":"2026-04-07T14:06:24","modified_gmt":"2026-04-07T12:06:24","slug":"festival-a-corps-ultimo-helecho","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/umoove.art\/index.php\/2026\/04\/07\/festival-a-corps-ultimo-helecho\/","title":{"rendered":"Festival  A CORPS : Ultimo Helecho"},"content":{"rendered":"\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"819\" src=\"https:\/\/umoove.art\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/Umoove-site-internet-1024x819.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-10928\" srcset=\"https:\/\/umoove.art\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/Umoove-site-internet-1024x819.jpg 1024w, https:\/\/umoove.art\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/Umoove-site-internet-300x240.jpg 300w, https:\/\/umoove.art\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/Umoove-site-internet-768x614.jpg 768w, https:\/\/umoove.art\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/Umoove-site-internet-1536x1229.jpg 1536w, https:\/\/umoove.art\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/Umoove-site-internet.jpg 2000w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>R\u00e9sister, exalter, \u00e9merveiller : \u00daltimo helecho au festival A CORPS<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>Dans le cadre du festival poitevin <a href=\"https:\/\/festivalacorps.com\/\" title=\"\">A CORPS<\/a>, <em>\u00daltimo helecho<\/em> a \u00e9t\u00e9 accueilli par une standing ovation nourrie \u00e0 la fois par la ferveur du public local venu applaudir Fran\u00e7ois l&rsquo;enfant du pays et par l\u2019admiration pour la troupe qui l\u2019accompagne. Entre musique, chant et danse, la pi\u00e8ce de Nina Laisn\u00e9, Fran\u00e7ois Chaignaud et Nadia Larcher d\u00e9ploie un univers o\u00f9 le temps se dilate, les corps se transforment, et le spectateur est irr\u00e9sistiblement happ\u00e9.<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p>On croit conna\u00eetre <a href=\"https:\/\/umoove.art\/index.php\/2024\/04\/09\/francois-chaignaud\/\" title=\"\">Fran\u00e7ois Chaignaud<\/a>. On se trompe. Une fois encore, il surgit l\u00e0 o\u00f9 personne ne l\u2019attend, d\u00e9jouant les cat\u00e9gories qu\u2019il a lui-m\u00eame contribu\u00e9 \u00e0 inventer. Danseur, chanteur, cr\u00e9ature rituelle : il est tout cela \u00e0 la fois, avec une aisance insolente qui d\u00e9fie la gravit\u00e9 et les conventions. Sa voix \u2014 souple, dense, presque tactile \u2014 ne se contente pas de doubler ses mouvements : elle en devient l\u2019\u00e9cho secret, l\u2019ombre port\u00e9e d\u2019un corps en perp\u00e9tuel dialogue avec le temps et l\u2019espace. Et ce corps\u2026 quelle merveille : prodige d\u2019articulation entre virtuosit\u00e9 savante et abandon archa\u00efque, il s\u2019offre \u00e0 la sc\u00e8ne comme un aimant qui attire et retient chaque regard.<\/p>\n\n\n\n<p>Aux c\u00f4t\u00e9s de Nadia Larcher, dont la voix charnelle et hypnotique embrase imm\u00e9diatement l\u2019espace, et sous la direction plastique de Nina Laisn\u00e9, le plateau devient un champ de forces mouvantes, o\u00f9 l\u2019intensit\u00e9 des corps r\u00e9pond aux tensions du d\u00e9cor. Ce dernier, excroissance min\u00e9rale suspendue aux allures de champignon, entre baroque exub\u00e9rant et bricolage volontairement grotesque, semble \u00e0 premi\u00e8re vue trop lourd, trop massif, presque maladroit. Mais c\u2019est dans cette lourdeur que se joue le spectacle : elle r\u00e9siste aux corps, les contraint, les exalte, et finit par r\u00e9v\u00e9ler un \u00e9quilibre secret entre chaos et harmonie.<\/p>\n\n\n\n<p>La pi\u00e8ce s\u2019ouvre sur un grondement profond. Une sacqueboute, instrument anc\u00eatre du trombone, \u00e9merge de l\u2019obscurit\u00e9. Puis la voix de Larcher, \u00e0 la fois visc\u00e9rale et sensuelle, se d\u00e9ploie et envahit la salle. Fran\u00e7ois Chaignaud s\u2019\u00e9veille alors, ramass\u00e9 au sol, s\u2019\u00e9tirant lentement comme une petite plante \u2014 la \u00ab derni\u00e8re foug\u00e8re \u00bb que l\u2019on devine dans le titre. Il se d\u00e9ploie avec une lenteur hypnotique, chaque mouvement mesur\u00e9 mais vibrant d\u2019une \u00e9nergie latente, pr\u00eat \u00e0 se transformer en \u00e9clats fulgurants.<\/p>\n\n\n\n<p>Le duo qui se met en place, Chaignaud et Larcher, est d\u2019une intensit\u00e9 rare : chant et danse se m\u00ealent, baroque espagnol et folklore sud-am\u00e9ricain se r\u00e9pondent, dans un langage sc\u00e9nique qui ne ressemble \u00e0 rien de connu. Les gestes suspendus c\u00f4toient les frappes rapides du malambo ou les pas de zapateado. Chaignaud passe avec un vertige confondant de la lenteur m\u00e9ditative \u00e0 l\u2019explosion rythmique, cuissard\u00e9 comme un gaucho et martelant le sol avec une virtuosit\u00e9 quasi marionnettique. Chaque mouvement semble une narration, un conte mythologique o\u00f9 le temps se dilate et se replie sur lui-m\u00eame. Fran\u00e7ois, avec son corps-monde, peut donc tout danser&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p>Nadia, dans sa combinaison aux tons min\u00e9raux, enveloppe la danse de sa voix et de ses respirations. Ensemble, ils composent une fresque o\u00f9 d\u00e9sir, m\u00e9moire, mythe et intimit\u00e9 se r\u00e9pondent. Les six musiciens, instruments anciens et instruments folkloriques, dialoguent avec les corps et deviennent eux-m\u00eames acteurs de la sc\u00e8ne, transformant chaque note en mati\u00e8re vivante, dense et sensuelle.<\/p>\n\n\n\n<p>Le spectacle refuse toute cat\u00e9gorisation. Danse, op\u00e9ra, rituel : rien ne suffit pour cerner <em>\u00daltimo helecho<\/em>. Il avance par couches \u2014 historiques, sensorielles, mythiques \u2014 et ne cherche jamais \u00e0 se r\u00e9soudre. Il est indisciplin\u00e9, parfois d\u00e9routant, souvent sublime, et toujours fascinant.<\/p>\n\n\n\n<p>Lorsque la pi\u00e8ce s\u2019ach\u00e8ve, le public de <strong>A CORPS<\/strong> se l\u00e8ve spontan\u00e9ment. L\u2019\u00e9motion est palpable : ce que l\u2019on vient de voir d\u00e9passe la simple performance. C\u2019est un spectacle total, un objet artistique qui r\u00e9siste et persiste. Une \u0153uvre qu\u2019on recommande non pour sa facilit\u00e9, mais pour sa puissance, sa singularit\u00e9 et la mani\u00e8re dont elle continue \u00e0 vibrer longtemps apr\u00e8s que les lumi\u00e8res se sont \u00e9teintes.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>C\u00e9dric Chaory<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Photo Nina Laisn\u00e9<\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>R\u00e9sister, exalter, \u00e9merveiller : \u00daltimo helecho au festival A CORPS Dans le cadre du festival poitevin A CORPS, \u00daltimo helecho a \u00e9t\u00e9 accueilli par une standing ovation nourrie \u00e0 la fois par la ferveur du public local venu applaudir Fran\u00e7ois l&rsquo;enfant du pays et par l\u2019admiration pour la troupe qui l\u2019accompagne. 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