{"id":10731,"date":"2026-03-05T13:42:22","date_gmt":"2026-03-05T12:42:22","guid":{"rendered":"https:\/\/umoove.art\/?p=10731"},"modified":"2026-03-27T09:20:18","modified_gmt":"2026-03-27T08:20:18","slug":"soraya-thomas-cree-exult-trio-inspire-de-son-documentaire","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/umoove.art\/index.php\/2026\/03\/05\/soraya-thomas-cree-exult-trio-inspire-de-son-documentaire\/","title":{"rendered":"Soraya Thomas cr\u00e9e EXULT, trio inspir\u00e9 de son documentaire"},"content":{"rendered":"\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"819\" src=\"https:\/\/umoove.art\/wp-content\/uploads\/2026\/03\/Umoove-site-internet-3-1-1024x819.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-10732\" srcset=\"https:\/\/umoove.art\/wp-content\/uploads\/2026\/03\/Umoove-site-internet-3-1-1024x819.jpg 1024w, https:\/\/umoove.art\/wp-content\/uploads\/2026\/03\/Umoove-site-internet-3-1-300x240.jpg 300w, https:\/\/umoove.art\/wp-content\/uploads\/2026\/03\/Umoove-site-internet-3-1-768x614.jpg 768w, https:\/\/umoove.art\/wp-content\/uploads\/2026\/03\/Umoove-site-internet-3-1-1536x1229.jpg 1536w, https:\/\/umoove.art\/wp-content\/uploads\/2026\/03\/Umoove-site-internet-3-1.jpg 2000w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Au commencement l\u2019\u00e9lan<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Soraya Thomas, chor\u00e9graphe bas\u00e9e \u00e0 La R\u00e9union mais aussi depuis peu en Dordogne, travaille actuellement \u00e0 sa prochaine cr\u00e9ation <em>EXULT<\/em>. Un trio ambitieux qui trouve sa source dans le documentaire du m\u00eame nom qu\u2019elle a co-r\u00e9alis\u00e9 avec Vincent Laborde. Aux c\u00f4t\u00e9s de <a href=\"https:\/\/umoove.art\/index.php\/2025\/07\/17\/la-chair-de-lobjet-david-drouard\/\" title=\"\">David Drouard <\/a>\u2013 alli\u00e9 de longue date \u2013 elle d\u00e9voile la gen\u00e8se de cette \u0153uvre d\u00e9voil\u00e9 en 2027 au Th\u00e9\u00e2tre Luc Donat (Le Tampon, La R\u00e9union).<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>Comment d\u00e9finiriez-vous cet \u00ab \u00e9lan \u00bb au c\u0153ur d\u2019<em>EXULT<\/em> : est-il une n\u00e9cessit\u00e9 physique, intime ou politique ?<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p><strong>Soraya Thomas : <\/strong>Je dirais qu\u2019il est les trois \u00e0 la fois. C\u2019est un \u00e9lan vers l\u2019autre, \u00e0 la fois physique et politique. Il y a cette id\u00e9e du geste comme premier jaillissement, une impulsion qui surgit de nous. La question devient alors : comment le relier \u00e0 un environnement, \u00e0 autrui, \u00e0 un lieu ? \u00c0 l\u2019origine, cet \u00e9lan na\u00eet d\u2019une secousse \u2014 celle de nos soci\u00e9t\u00e9s travers\u00e9es par des fractures. J\u2019ai voulu recr\u00e9er une passerelle, mettre en lumi\u00e8re ces paysages oppos\u00e9s. Pour moi, La R\u00e9union incarne cette passerelle.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>Pourquoi La R\u00e9union ?<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p><strong>Soraya : <\/strong>Ici, on touche \u00e0 l\u2019intime. Je suis franco-mauricienne. J\u2019ai grandi en m\u00e9tropole, o\u00f9 j\u2019ai \u00e9galement suivi toute ma formation de danseuse. Je suis arriv\u00e9e \u00e0 La R\u00e9union \u00e0 l\u2019\u00e2ge de 24 ans, et j\u2019en ai aujourd\u2019hui 48. Je m\u2019y suis imm\u00e9diatement sentie chez moi : le soleil, les odeurs, la nourriture\u2026 tout me correspondait. Cette \u00eele rassemble mon m\u00e9tissage. L\u2019Afrique de l\u2019Est y est proche ; c\u2019est la terre de mes a\u00efeux.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>Tisser du lien dans un monde fragment\u00e9 : avez-vous ressenti un appel \u00e0 le mat\u00e9rialiser sur sc\u00e8ne ? Est-ce un fil conducteur dans votre \u0153uvre ?<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p><strong>David Drouard&nbsp;: <\/strong>\u00c0 la base de la pi\u00e8ce EXULT, il y a ce documentaire, inspir\u00e9 et port\u00e9 par les r\u00e9flexions de Cl\u00e9ment Rosset dans <em>La Force majeure<\/em>, o\u00f9 la joie est d\u00e9crite comme un \u00e9lan d\u2019insoumission face \u00e0 une existence lucide et froide. Son \u0153uvre nous inspire : il y a dans ses \u00e9crits un geste de r\u00e9sistance. Mais sur le plateau, cela ne pouvait se traduire litt\u00e9ralement par des moments de r\u00e9flexion. Nous voulions du jaillissement, partir du ressenti, du temps qui passe, se laisser p\u00e9n\u00e9trer\u2026 Tout cela est difficile \u00e0 mettre en images. Au d\u00e9but des r\u00e9sidences nous nous sommes tromp\u00e9s en essayant de coller trop au propos initial car <em>EXULT<\/em> c\u2019est parler de nous mais sans passer par un r\u00e9cit lin\u00e9aire ou un expos\u00e9. Cela se joue plut\u00f4t dans une zone floue o\u00f9 les sensations circulent, dans les failles infimes. C\u2019est l\u00e0 que la pi\u00e8ce na\u00eet.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Soraya&nbsp;: <\/strong>Cette urgence \u00e0 dire, \u00e0 raconter le monde \u2014 et d\u2019autres mondes \u2014 traverse largement mon travail. On peut le constater dans mon triptyque explorant la r\u00e9volte et l\u2019intime : <em>La R\u00e9volte des papillons<\/em>, le solo <em>Et mon c\u0153ur dans tout cela ?<\/em> et <em>Souffle<\/em>. Le travail de David, \u00e0 mon sens, partage cette m\u00eame urgence : celle de questionner le monde tel qu\u2019il va.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>Parlez-nous de votre rencontre&nbsp;?<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p><strong>Soraya&nbsp;:<\/strong> Je venais de signer <em>Barry n\u2019est pas compl\u00e8tement blanc<\/em>, une r\u00e9ponse fantasmagorique et dans\u00e9e \u00e0 l\u2019id\u00e9e re\u00e7ue selon laquelle la cellule familiale serait r\u00e9gie par des r\u00f4les assign\u00e9s selon le genre. Je m\u2019appr\u00eatais \u00e0 d\u00e9buter mon triptyque. C\u2019est alors qu\u2019un danseur de La R\u00e9union m\u2019a parl\u00e9 de David, m\u2019assurant que quelque chose nous reliait, que nos \u00e9changes et rencontres pourraient \u00eatre f\u00e9conds. Nous \u00e9tions en 2015. Je lui alors ai envoy\u00e9 un message via les r\u00e9seaux sociaux et l\u2019ai invit\u00e9 \u00e0 participer \u00e0 une r\u00e9sidence de <em>La R\u00e9volte des Papillons<\/em> mais c\u2019est finalement pour Et mon c\u0153ur dans tout cela que s\u2019est faite la rencontre.<\/p>\n\n\n\n<p>Je me souviens l\u2019avoir accueilli \u00e0 l\u2019a\u00e9roport de Saint-Denis pour le conduire au Th\u00e9\u00e2tre sous les Arbres, o\u00f9 nous r\u00e9p\u00e9tions. Une relation de confiance s\u2019est install\u00e9e imm\u00e9diatement \u2014 ce qui est assez rare, je dirais. Depuis, nous ne nous quittons plus. &nbsp;<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>David, avez-vous fait appel \u00e0 Soraya comme regard ext\u00e9rieur sur votre nouvelle cr\u00e9ation <em>Soutenir<\/em>&nbsp;?<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p><strong>David&nbsp;: <\/strong>Faute de moyens et de temps, je n\u2019ai pas eu cette opportunit\u00e9 mais Soraya \u00e9tait pr\u00e9sente \u00e0 la premi\u00e8re \u00e0 l\u2019Onyx en janvier dernier. Il est d\u2019ailleurs pr\u00e9vu qu\u2019elle soit regard ext\u00e9rieur sur ma prochaine cr\u00e9ation jeune public.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>Comment le documentaire nourrit-il l\u2019\u00e9criture chor\u00e9graphique d\u2019EXULT ?<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p><strong>Soraya&nbsp;:<\/strong> D\u00e8s le d\u00e9but du tournage, il y avait le choix affirm\u00e9 de cr\u00e9er un documentaire de recherche, une \u0153uvre en soi, une \u0153uvre artistique aux fronti\u00e8res floues. L\u2019approche \u00e9tait r\u00e9solument empirique, tout en se confrontant aux diff\u00e9rents mondes que nous traversions : La R\u00e9union, la Mayenne, la Tanzanie. Comment se mettre progressivement en lien avec les autres ? Petit \u00e0 petit, nous avons tir\u00e9 des fils, des principes issus du documentaire que nous cherchons aujourd\u2019hui \u00e0 retrouver sur le plateau.<\/p>\n\n\n\n<p>Entre fiction et po\u00e9sie, une narration po\u00e9tique s\u2019est impos\u00e9e. La question \u00e9tait : que faisons-nous chor\u00e9graphiquement de ces rencontres ? Comment le trio se forme-t-il ? Tout comme lors du tournage des questions sont apparues&nbsp;: quels liens se tissent entre les personnes ?<\/p>\n\n\n\n<p>Le film est co-sign\u00e9 par Vincent Laborde&nbsp;; il a r\u00e9alis\u00e9 toutes les captations et teasers de mes pi\u00e8ces. Il a un regard particulier sur le mouvement. Lui-m\u00eame bouge avec sa cam\u00e9ra d\u2019une mani\u00e8re singuli\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>David&nbsp;: <\/strong>Je pr\u00e9cise que nous sommes partis avec un projet de tournage bien cal\u00e9, d\u00e9pendant d\u2019une bo\u00eete de production etc. mais sur place, nous nous sommes rendus compte que nous avions trop projet\u00e9. <em>EXULT<\/em> ne pouvait pas se faire ainsi : il nous fallait l\u00e2cher prise pour accueillir les paysages, les rencontres, les \u00e9l\u00e9ments. Il nous a fallu beaucoup d\u00e9construire.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>La d\u00e9construction semble \u00eatre effectivement au c\u0153ur du projet. Lors de votre sortie de r\u00e9sidence \u00e0 Bordeaux vous avez expliqu\u00e9 avoir repens\u00e9 enti\u00e8rement votre sc\u00e9nographie autour d\u2019un cube \u2026 est-ce fr\u00e9quent ces atermoiements&nbsp;?<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p><strong>Soraya&nbsp;: <\/strong>Je dirais que c\u2019est in\u00e9vitable, m\u00eame si cela devient parfois plus compliqu\u00e9 sur des pi\u00e8ces de groupe. Pour mon solo <em>Et mon c\u0153ur dans tout cela?<\/em>, la d\u00e9construction \u00e9tait au c\u0153ur m\u00eame du processus de cr\u00e9ation. C\u2019est forc\u00e9ment perturbant, on ne va pas le nier, mais se d\u00e9placer permet d\u2019\u00eatre au plus juste.<\/p>\n\n\n\n<p>Il faut pouvoir se le permettre : l\u2019endroit le plus juste de l\u2019artiste r\u00e9side dans cette recherche-l\u00e0. Sur le plan \u00e9motionnel, c\u2019est assez complexe, mais il est n\u00e9cessaire d\u2019atteindre cette zone d\u2019insatisfaction pour pouvoir viser le plus juste possible.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>Qu\u2019est-ce qui relie les diff\u00e9rents territoires explor\u00e9s (La R\u00e9union, la Mayenne, la Tanzanie) dans leur mani\u00e8re de laisser surgir le mouvement ?<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p><strong>David&nbsp;: <\/strong>Les \u00e9l\u00e9ments \u2014 l\u2019eau, le feu, le vent\u2026 \u2014 leur pr\u00e9sence est tangible : le cr\u00e9pitement du feu, l\u2019\u00e9nergie de la terre. Dans le documentaire, on peut ressentir ces forces, et la pi\u00e8ce cherche \u00e9galement \u00e0 les incarner. Pendant le tournage, nous \u00e9tions nourris par ces \u00e9l\u00e9ments, qui ne cessaient de transformer et de modeler nos \u00e9tats. Il est \u00e9vident qu\u2019ils continueront \u00e0 irriguer et \u00e0 traverser la pi\u00e8ce.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>Quelle place vont occuper les danseur\u00b7euses amateur\u00b7es dans la pi\u00e8ce, et que viennent-ils transformer dans l\u2019\u00e9criture ?<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p><strong>David : <\/strong>Nous avons l\u2019envie que sept amateurs et amatrices participent \u00e0 une travers\u00e9e avec nous sur le plateau, \u00e0 l\u2019instar de ces sc\u00e8nes du film o\u00f9 nous \u00e9voluons sur des places de march\u00e9. Il s\u2019agira d\u2019un \u00e9chantillon d\u2019interpr\u00e8tes pr\u00e9dispos\u00e9s, sans \u00eatre des professionnels. Nous souhaitons \u00e9galement que ce groupe refl\u00e8te, de mani\u00e8re repr\u00e9sentative, les populations que la pi\u00e8ce traverse.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Soraya : <\/strong>Lors de la r\u00e9sidence \u00e0 Bordeaux, nous avons pu r\u00e9fl\u00e9chir au protocole \u00e0 venir avec ces amateurs. Au contact de notre stagiaire Sol, nous avons exp\u00e9riment\u00e9 des exercices qui prolongent ce que nous avions d\u00e9j\u00e0 explor\u00e9 lors de masterclass et stages.<\/p>\n\n\n\n<p>En juin prochain, nous serons en r\u00e9sidence \u00e0 la Cit\u00e9 des Arts (La R\u00e9union) : ce sera le moment de pr\u00e9ciser plus concr\u00e8tement ce protocole d\u2019apprentissage de la pi\u00e8ce aupr\u00e8s des amateurs. Ce sera aussi l\u2019occasion d\u2019auditionner notre troisi\u00e8me interpr\u00e8te \u2014 une femme qui pourrait venir d\u2019un autre champ artistique que la danse, comme le th\u00e9\u00e2tre ou le cirque. Nous aurions beaucoup aim\u00e9 qu\u2019elle soit tanzanienne, mais pour des raisons de production et de budget, cela n\u2019est pas envisageable.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>\u00c0 La M\u00e9ca, lors de votre sortie de r\u00e9sidence, l\u2019\u00e9change avec le public a \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s riche. Que faites-vous de tout ce qui a \u00e9t\u00e9 dit \u2014 interpr\u00e9tations, retours \u2014 au moment o\u00f9 vous concevez la pi\u00e8ce ?<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p><strong>Soraya<\/strong>&nbsp;: On ne peut pas ignorer les interpr\u00e9tations du public, mais il faut aussi garder un certain recul. Je reconnais que certaines images \u00e9voqu\u00e9es par le public, notamment pour la partie que nous appelons <em>Smokebox<\/em>, ne rejoignaient pas exactement l\u2019imaginaire que nous avions convoqu\u00e9. Il faut se rappeler que nous \u00e9tions en sortie de r\u00e9sidence, que la dramaturgie n\u2019\u00e9tait pas encore fix\u00e9e et que nous pr\u00e9sentions des fragments de la pi\u00e8ce.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>David&nbsp;<\/strong>: Nous avons d\u00e9brief\u00e9 avec l\u2019\u00e9quipe, comme \u00e0 chaque sortie de r\u00e9sidence. Nous avons surtout \u00e9chang\u00e9 sur le dispositif trifrontal et les enjeux de l\u2019immersion : comment l\u2019installer dans tous les th\u00e9\u00e2tres ? Devra-t-on parfois opter pour un dispositif bifrontal ? L\u2019adaptation est au c\u0153ur d\u2019<em>EXULT<\/em>, encore une fois. Nous sommes cependant aguerris \u00e0 cet exercice : <em>Et mon c\u0153ur dans tout cela ?<\/em> nous a d\u00e9j\u00e0 confront\u00e9s \u00e0 ces questions, au gr\u00e9 des salles grandes ou petites que nous avons travers\u00e9es \u2014 je pense notamment au Fanal. Le rapport salle\/sc\u00e8ne, public\/interpr\u00e8te\u2026 tout cela constitue un enjeu qui continuera de nous questionner sur cette pi\u00e8ce.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>Comment la musique de Jako Maron agit-elle comme une force physique sur les corps plut\u00f4t qu\u2019un simple accompagnement ?<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p><strong>Soraya<\/strong>&nbsp;: Jako a cr\u00e9\u00e9 la musique du documentaire. L\u00e0 encore, pour des raisons de budget, il n\u2019a pas pu nous accompagner sur le tournage, nous lui avons donc envoy\u00e9 de nombreuses images au fur et \u00e0 mesure. Il faut savoir que Jako poss\u00e8de une biblioth\u00e8que incroyable de sons qu\u2019il a produits. Il dispose d\u2019une machine modulaire et cr\u00e9e en permanence, souvent sans se souvenir du processus exact qu\u2019il a utilis\u00e9. Puis, dans cette masse impressionnante de sons, nous avons pu puiser ensemble. Avec Vincent, nous avons multipli\u00e9 les allers-retours. Nous avons \u00e9galement eu une r\u00e9sidence au Ch\u00e2teau Morange et \u00e0 la Cit\u00e9 des Arts, o\u00f9 nous avons op\u00e9r\u00e9 les choix musicaux pour trouver les mati\u00e8res sonores qui nous convenaient.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>David&nbsp;<\/strong>: Jako revisite la musique traditionnelle r\u00e9unionnaise et compose en lien direct avec le mouvement : la musique rencontre le mouvement. Je dirais que lui aussi \u00e0 son endroit d\u00e9construit. Il y a une hybridit\u00e9 dans son maloya contemporain qui est parfait pour <em>EXULT<\/em>. D\u2019o\u00f9 tous ces allers-retours. Nous utilisons parfois des imaginaires que Jako ne comprend pas n\u00e9cessairement, il a fallu beaucoup \u00e9changer, rester tr\u00e8s perm\u00e9ables, sensibles \u00e0 la d\u00e9couverte, et accepter de l\u00e2cher prise. C\u2019est aussi dans ce l\u00e2cher-prise que na\u00eet le mouvement que nous souhaitons. Sur un plan politique, il s\u2019agit aussi de questionner comment se rencontrer, comment cr\u00e9er ensemble. Avec Pierre Nouvel le sc\u00e9nographe d\u2019EXULT, J\u00e9ronimo Ro\u00e9 \u00e0 la cr\u00e9ation lumi\u00e8re, Estelle Boul aux costumes \u2026 Nous sommes contraints \u00e0 la production, aux budgets serr\u00e9s, mais typiquement ce projet <em>EXULT<\/em> m\u00e9riterait beaucoup plus de temps pour questionner ce vivre-ensemble, ce cr\u00e9er-ensemble. C\u2019est que cela demande un temps infini de d\u00e9construire \u2026<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Propos recueillis par C\u00e9dric Chaory<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>\u00a9 <strong>Mikael Thuillier<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/www.ciemorphose.com\/\">Morphose &#8211; Compagnie chor\u00e9graphique transdisciplinaire<\/a><\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Au commencement l\u2019\u00e9lan Soraya Thomas, chor\u00e9graphe bas\u00e9e \u00e0 La R\u00e9union mais aussi depuis peu en Dordogne, travaille actuellement \u00e0 sa prochaine cr\u00e9ation EXULT. Un trio ambitieux qui trouve sa source dans le documentaire du m\u00eame nom qu\u2019elle a co-r\u00e9alis\u00e9 avec Vincent Laborde. 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