{"id":10489,"date":"2026-01-16T16:33:34","date_gmt":"2026-01-16T15:33:34","guid":{"rendered":"https:\/\/umoove.art\/?p=10489"},"modified":"2026-01-16T16:47:47","modified_gmt":"2026-01-16T15:47:47","slug":"des-funerailles-au-cinema-trajectoires-en-etat-de-corps","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/umoove.art\/index.php\/2026\/01\/16\/des-funerailles-au-cinema-trajectoires-en-etat-de-corps\/","title":{"rendered":"Des fun\u00e9railles au cin\u00e9ma : Trajectoires en \u00e9tat de corps"},"content":{"rendered":"\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"819\" src=\"https:\/\/umoove.art\/wp-content\/uploads\/2026\/01\/Umoove-site-internet-3-1024x819.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-10490\" srcset=\"https:\/\/umoove.art\/wp-content\/uploads\/2026\/01\/Umoove-site-internet-3-1024x819.jpg 1024w, https:\/\/umoove.art\/wp-content\/uploads\/2026\/01\/Umoove-site-internet-3-300x240.jpg 300w, https:\/\/umoove.art\/wp-content\/uploads\/2026\/01\/Umoove-site-internet-3-768x614.jpg 768w, https:\/\/umoove.art\/wp-content\/uploads\/2026\/01\/Umoove-site-internet-3-1536x1229.jpg 1536w, https:\/\/umoove.art\/wp-content\/uploads\/2026\/01\/Umoove-site-internet-3.jpg 2000w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Entre diva bling-bling promise au compost et corps amateurs rejouant la m\u00e9moire du cin\u00e9ma sous la pluie, le festival Trajectoires d\u00e9ploie cette ann\u00e9e une danse en prise directe avec notre \u00e9poque. Port\u00e9e par le Centre chor\u00e9graphique national de Nantes, la 9\u1d49 \u00e9dition investit 21 lieux de la m\u00e9tropole proposant 47 rendez-vous et 31 spectacles, du 15 janvier au 1er f\u00e9vrier 2026. Moment charni\u00e8re, elle marque le passage de flambeau entre Ambra Senatore et le nouveau directeur du <a href=\"https:\/\/ccnnantes.fr\/fr\" title=\"CCNN\">CCNN<\/a>, <a href=\"https:\/\/umoove.art\/index.php\/2022\/12\/12\/du-desir-dhorizons-salia-sanou\/\" title=\"Salia Sanou\">Salia Sanou<\/a>, et affirme une programmation r\u00e9solument internationale \u2014 Asie, Afrique, Am\u00e9rique latine \u2014 pens\u00e9e comme un espace d\u2019ouverture et de rencontre, \u00e0 rebours d\u2019un monde qui se referme. Compte-rendu de la soir\u00e9e d&rsquo;ouverture, jeudi 15 janvier.<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong><em>Replay<\/em> ou le cin\u00e9ma prend l\u2019eau<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p>Jour de pluie \u00e0 Nantes. Rien de plus appropri\u00e9. Le ciel, disciplin\u00e9, fait son travail pendant que le Mus\u00e9e d\u2019arts c\u00e9l\u00e8bre le sien. Dans ses salles majestueuses, l\u2019exposition <em>Sous la pluie. Peindre, vivre et r\u00eaver<\/em> tourne \u00e0 plein r\u00e9gime. Soixante-quinze mille visiteurs d\u00e9j\u00e0 : chiffre rassurant, presque consolant. L\u2019exposition est visible jusqu\u2019en mars, ce qui laisse \u00e0 chacun le temps de m\u00e9diter cette \u00e9vidence : la pluie n\u2019a jamais cess\u00e9 d\u2019\u00eatre un excellent pr\u00e9texte esth\u00e9tique.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce soir-l\u00e0, pourtant, les cimaises cessent d\u2019\u00eatre sages. Le mus\u00e9e invite le mouvement, dans le cadre du festival Trajectoires, et confie ses \u0153uvres \u2014 et ses visiteurs \u2014 \u00e0 la chor\u00e9graphe <strong>\u00c9lise Lerat<\/strong> du collectif Allog\u00e8ne. Form\u00e9e au CNDC et coll\u00e8gue de <strong>David Rolland <\/strong>\u2013 (re)connu pour son travail autour de la danse contemporaine participative et de la m\u00e9diation artistique &#8211; elle arrive avec une troupe bigarr\u00e9e de danseur\u00b7euse\u00b7s amateur\u00b7rice\u00b7s, comme on arrive avec une hypoth\u00e8se joyeuse : et si le cin\u00e9ma sortait de l\u2019\u00e9cran pour se loger dans les corps ?<\/p>\n\n\n\n<p>La pi\u00e8ce s\u2019intitule <em>Replay<\/em>, ce qui dit assez bien son projet. Tout y est affaire de r\u00e9miniscence, de boucle, de souvenir qui insiste. Sous forme de sayn\u00e8tes, rythm\u00e9es par des musiques imm\u00e9diatement reconnaissables \u2014 <em>Singing in the Rain<\/em> chant\u00e9 a cappella, <em>Riders on the Storm<\/em> des Doors \u2014 les interpr\u00e8tes investissent l\u2019exposition. Certains sont en tenue de tous les jours, d\u2019autres vaguement d\u00e9guis\u00e9s, d\u2019autres encore habill\u00e9s comme pour une f\u00eate improvis\u00e9e. Rien n\u2019est uniforme, et c\u2019est pr\u00e9cis\u00e9ment le propos.<\/p>\n\n\n\n<p>On court soudain sur une musique de James Bond, on mime des gestes du quotidien, on se porte, on d\u00e9clame, on rejoue. Des actions anodines deviennent chor\u00e9graphiques, des souvenirs cin\u00e9matographiques s\u2019incarnent sans jamais s\u2019illustrer litt\u00e9ralement. \u00c9lise Lerat entra\u00eene ce groupe \u00e0 rejouer des images, des \u00e9motions, des sensations du septi\u00e8me art \u2014 non pas pour les reconstituer, mais pour en \u00e9prouver l\u2019empreinte. Le cin\u00e9ma, ici, ne se regarde pas : il se traverse. <em>Replay<\/em> est une performance o\u00f9 l\u2019\u00e9cran devient espace de jeu. Le film se fait chair. Entre \u00e9motion et sensation, la pi\u00e8ce interroge ce que le cin\u00e9ma laisse en nous : comment un plan, une chanson, une pluie fa\u00e7onnent notre mani\u00e8re de bouger, de ressentir, de regarder le monde. Les corps se souviennent avant la m\u00e9moire. Le geste pr\u00e9c\u00e8de l\u2019analyse.<\/p>\n\n\n\n<p>Et puis il y a les tableaux. Ceux de Caillebotte, ceux de David Hockney. Et les images, bien s\u00fbr, de Jeanne Moreau sous la pluie dans <em>Ascenseur pour l\u2019\u00e9chafaud<\/em>. \u00c0 l\u2019int\u00e9rieur, la pluie est belle, cadr\u00e9e, mythifi\u00e9e. \u00c0 l\u2019ext\u00e9rieur, elle est grise, continue, obstin\u00e9e. Tout concorde. Barbara avait raison : il pleut sur Nantes, et cette pluie-l\u00e0 n\u2019est jamais innocente.<\/p>\n\n\n\n<p>Quand la performance s\u2019ach\u00e8ve, on comprend que <em>Replay<\/em> ne cherchait pas tant \u00e0 animer une exposition qu\u2019\u00e0 rappeler une chose simple : nous sommes faits d\u2019images, de sons, de sc\u00e8nes vues mille fois, et que nos corps, m\u00eame maladroits, savent encore les rejouer. Sous la pluie, d\u00e9cid\u00e9ment, tout revient.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong><em>Carne<\/em>&nbsp;: mourir sur sc\u00e8ne, devant les projecteurs<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p>On arrive. Elle est d\u00e9j\u00e0 l\u00e0. D\u00e9j\u00e0 en sc\u00e8ne, d\u00e9j\u00e0 souveraine, d\u00e9j\u00e0 trop. Audrey Bodiguel surgit avant m\u00eame que le public n\u2019ait eu le temps de s\u2019asseoir, drap\u00e9e dans un costume grandiloquent, marquise d\u2019op\u00e9ra post-industriel, quelque part entre Lady Gaga en exil et Liberace revenu d\u2019entre les morts avec un budget r\u00e9duit mais des ambitions intactes. La diva, comme toutes les divas dignes de ce nom, exige d\u2019\u00eatre amplifi\u00e9e, \u00e9clair\u00e9e, ador\u00e9e. Elle parle \u00e0 son \u00e9quipe technique \u2014 Juliette, Aude \u2014 comme on parle \u00e0 des anges gardiens sous-pay\u00e9s : avec familiarit\u00e9, urgence, et cette certitude tr\u00e8s humaine que sans elle le monde s\u2019\u00e9teint.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 41 ans, elle le veut, son solo. Elle le veut total. Le genre de solo qui r\u00e9glerait \u00e0 lui seul les comptes du si\u00e8cle : \u00e9cologie, effondrement, mort du monde \u2014 et, bien s\u00fbr, sa propre mort. Car il serait inconvenant, presque impoli, de mourir sans parler de soi. Audrey le sait. Elle le revendique. Le narcissisme ici n\u2019est pas un d\u00e9faut, c\u2019est un mat\u00e9riau dramaturgique. Elle imagine donc une fin \u00e0 sa (d\u00e9)mesure : floride, blanche, clinique et obsc\u00e8ne, Madonna botox\u00e9e dans son cercueil design, le public v\u00eatu de blanc, chantant sa m\u00e9moire sur du Polnareff ou Berger- &nbsp;<em>Paradis blanc<\/em>, comme une mauvaise blague devenue rituel.<\/p>\n\n\n\n<p>Le son de <em>Carne<\/em> est travaill\u00e9 jusqu\u2019\u00e0 la hantise. R\u00e9verb\u00e9rations, voix trafiqu\u00e9es, amplifications qui ne servent plus \u00e0 porter la parole mais \u00e0 la dissoudre. Le cabaret se teinte de gothique, les lumi\u00e8res verdissent, le ver est d\u00e9j\u00e0 dans la pomme. Audrey tombe dans les pommes. Quand elle se r\u00e9v\u00e8le \u00e0 nouveau, il est trop tard \u2014 comme toujours.<\/p>\n\n\n\n<p>La seconde partie s\u2019abandonne \u00e0 l\u2019errance. D\u00e9pouill\u00e9e de son costume blanc, la diva traverse des paysages int\u00e9rieurs dignes d\u2019un Styx low-tech, tra\u00eenant ses valises comme autant de souvenirs inutiles. Le chemin vers la mort est long, laborieux, inconfortable. Elle s\u2019assoit sur les pierres et pleure. En fond de sc\u00e8ne, une \u00e9pitaphe pop, minimaliste, color\u00e9e : <em>Audrey<\/em> en typographie touchy, comme un compte Instagram survivant \u00e0 son propri\u00e9taire.<\/p>\n\n\n\n<p>Elle finit par trouver l\u2019endroit. Celui o\u00f9 elle s\u2019allongera pour de bon. Rituel minutieux : faire son lit, comme on fait sa tombe. Elle enl\u00e8ve des couches, en ajoute d\u2019autres, d\u00e9place des objets d\u00e9risoires qu\u2019elle s\u2019empresse de recouvrir \u2014 r\u00e9flexe humain par excellence. Nous emportons tout avec nous, m\u00eame ce qui nous encombre. Elle fait nid dans ses plumes et ses hauts paillet\u00e9s comme dans une derni\u00e8re illusion de chaleur.<\/p>\n\n\n\n<p>La pi\u00e8ce commence comme un one-woman-show et d\u00e9rive vers une d\u00e9ambulation oppressante avant de tenter un retour aux mots, \u00e0 l\u2019humour. Tentative risqu\u00e9e. Apr\u00e8s cette longue errance, la blague a du mal \u00e0 reprendre ses droits. <em>\u00ab J\u2019ai froid, j\u2019ai tout le temps froid \u00bb<\/em>, dit-elle. Phrase simple, presque trop juste. Haut paillet\u00e9, couverture de survie, couches qu\u2019on enl\u00e8ve pour mieux se couvrir. Les feuilles mortes tombent. La d\u00e9composition est act\u00e9e. Les lumi\u00e8res (elle aussi, tr\u00e8s travaill\u00e9es) les fumig\u00e8nes, les tissus qui s\u2019\u00e9l\u00e8vent autour de la tombe composent une image superbe, presque d\u00e9finitive.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais non. Audrey repart. Encore. Elle mime un nouveau rite fun\u00e9raire \u2014 cercle de pierres, gestes redondants \u2014 qui semble cette fois superflu. Le solo gagnerait \u00e0 \u00eatre resserr\u00e9. Car elle est d\u00e9j\u00e0 revenue des feuilles mortes comme un zombie poli, continuant \u00e0 couvrir et d\u00e9couvrir des objets tandis que <em>Puisque tu pars<\/em> et autres rengaines fun\u00e9raires sont tritur\u00e9es dans un transistor invisible.<\/p>\n\n\n\n<p>Il faut pourtant reconna\u00eetre l\u2019\u00e9vidence : il y a l\u00e0 de tr\u00e8s belles id\u00e9es, de tr\u00e8s fortes images, et une interpr\u00e8te remarquablement capable de tenir la sc\u00e8ne, de prendre la parole, de danser \u2014 bri\u00e8vement \u2014 cette danse \u00e9trange, \u00e0 la Gilles de la Tourette : mi-zombie, mi-<em>fuck you<\/em>, mi-perdue entre la vie et la mort. Elle d\u00e9die enfin la pi\u00e8ce \u00e0 sa <em>\u00ab vieille carne \u00bb<\/em>, puis quitte le plateau en se fondant dans le public, une bougie LED verte \u00e0 la main. Elle nous dit : \u00ab Ce n\u2019est pas parce que je n\u2019en suis pas l\u00e0 que je m\u2019en vais. \u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Avec <em>CARNE<\/em>, Audrey Bodiguel fabule ses propres fun\u00e9railles pour mieux interroger notre rapport \u00e0 la finitude, \u00e0 l\u2019artifice, \u00e0 cette obsession humaine de vouloir contr\u00f4ler jusqu\u2019\u00e0 sa disparition. De la diva bling-bling au compost interdit, de l\u2019hyper-pr\u00e9sence \u00e0 l\u2019effacement organique, la pi\u00e8ce suit un effondrement par strates. Elle pose une question simple, presque ind\u00e9cente : et si le personnage du d\u00e9but \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 mort, tandis que l\u2019absence finale nous laissait, paradoxalement, une trace vivante ?<\/p>\n\n\n\n<p>Dans ce monde qui s\u2019acharne \u00e0 c\u00e9l\u00e9brer ses ruines, <em>CARNE<\/em> ressemble \u00e0 un hommage d\u00e9plac\u00e9 \u2014 \u00e0 soi-m\u00eame, \u00e0 nos rituels, \u00e0 notre incapacit\u00e9 chronique \u00e0 accepter l\u2019impermanence. Et c\u2019est pr\u00e9cis\u00e9ment l\u00e0 que r\u00e9side sa troublante honn\u00eatet\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>C\u00e9dric Chaory<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>\u00a9Vincent Cututchet &#8211; Carne d\u2019Audrey Bodiguel<\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Entre diva bling-bling promise au compost et corps amateurs rejouant la m\u00e9moire du cin\u00e9ma sous la pluie, le festival Trajectoires d\u00e9ploie cette ann\u00e9e une danse en prise directe avec notre \u00e9poque. 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