{"id":10145,"date":"2025-12-03T09:06:48","date_gmt":"2025-12-03T08:06:48","guid":{"rendered":"https:\/\/umoove.art\/?p=10145"},"modified":"2025-12-03T09:08:30","modified_gmt":"2025-12-03T08:08:30","slug":"faire-danser-ses-fantomes-la-traversee-de-fiona","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/umoove.art\/index.php\/2025\/12\/03\/faire-danser-ses-fantomes-la-traversee-de-fiona\/","title":{"rendered":"Faire danser ses fant\u00f4mes, la travers\u00e9e de Fiona"},"content":{"rendered":"\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"819\" src=\"https:\/\/umoove.art\/wp-content\/uploads\/2025\/12\/Umoove-site-internet-1024x819.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-10146\" srcset=\"https:\/\/umoove.art\/wp-content\/uploads\/2025\/12\/Umoove-site-internet-1024x819.jpg 1024w, https:\/\/umoove.art\/wp-content\/uploads\/2025\/12\/Umoove-site-internet-300x240.jpg 300w, https:\/\/umoove.art\/wp-content\/uploads\/2025\/12\/Umoove-site-internet-768x614.jpg 768w, https:\/\/umoove.art\/wp-content\/uploads\/2025\/12\/Umoove-site-internet-1536x1229.jpg 1536w, https:\/\/umoove.art\/wp-content\/uploads\/2025\/12\/Umoove-site-internet.jpg 2000w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Pr\u00e9sent\u00e9 d\u2019abord au festival Plein Phare du CCN Le Havre puis \u00e0 Maul\u00e9on dans le cadre du Festival Voix et Danses, <em>Jusqu\u2019\u00e0 la nuit<\/em> d\u00e9voile le premier solo de Fiona Le Goff \u2014 fondatrice de la compagnie need. Entre rituel lumineux, pr\u00e9sence des fant\u00f4mes, traces du hip hop et regard r\u00e9flexif h\u00e9rit\u00e9 de son parcours th\u00e9orique, elle se fait \u00e0 la fois interpr\u00e8te, ma\u00eetresse de c\u00e9r\u00e9monie et DJ lumi\u00e8re. Une pi\u00e8ce-c\u00e9l\u00e9bration pr\u00e9sent\u00e9e lors d\u2019une soir\u00e9e partag\u00e9e MIA aux c\u00f4t\u00e9s de Julie Dossavi.<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\"><strong>Pouvez-vous vous pr\u00e9senter ?<\/strong><\/h4>\n\n\n\n<p>Je suis danseuse et chor\u00e9graphe de la compagnie need, compagnie que j\u2019ai cr\u00e9\u00e9e en 2018, bas\u00e9e en Nouvelle Aquitaine. En ce qui concerne ma formation en danse, j\u2019ai commenc\u00e9 par la danse contemporaine, notamment au Conservatoire de Poitiers dans un cycle professionnel initial o\u00f9 l\u2019on avait des rencontres avec des chor\u00e9graphes, des univers tr\u00e8s diff\u00e9rents. En parall\u00e8le, j\u2019ai suivi un double cursus avec une licence de Lettres et cultures contemporaines. C\u2019est pendant ma Licence, que j\u2019ai suivi \u00e9galement l\u2019atelier de recherches chor\u00e9graphiques au SUAPS de Poitiers, dirig\u00e9 par Isabelle Lamothe.<\/p>\n\n\n\n<p>En trois ans, j\u2019ai obtenu ces deux dipl\u00f4mes, au conservatoire et \u00e0 l\u2019universit\u00e9 de Poitiers. &nbsp;Ensuite, je me suis tourn\u00e9e vers une formation de danseuse interpr\u00e8te au <strong>Jeune Ballet Atlantique<\/strong>, au Conservatoire de La Rochelle. En 2017, J\u2019ai pris conscience que je souhaitais explorer le champ th\u00e9orique du mouvement, avec l\u2019envie de poser des mots sur une pratique, alors que la formation du Jeune Ballet \u00e9tait focalis\u00e9e sur la technique. Le besoin de questionner le mouvement \u00e9tait sans doute un signe pr\u00e9curseur de mon envie de devenir chor\u00e9graphe. J\u2019ai alors int\u00e9gr\u00e9 le d\u00e9partement Danse de Paris 8, fond\u00e9 par le philosophe Michel Bernard en 1989, pens\u00e9 comme une r\u00e9ponse aux manques du milieu professionnel fran\u00e7ais, \u00e0 l\u2019\u00e9poque cruellement d\u00e9pourvu d\u2019espaces r\u00e9flexifs et critiques.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est pendant mon master que j\u2019ai commenc\u00e9 \u00e0 travailler pour des compagnies de danse en tant qu\u2019interpr\u00e8te, la compagnie Relief, une compagnie hip hop en r\u00e9gion parisienne, la compagnie <strong>ARTY<\/strong>, la compagnie <strong>Massala<\/strong>, la compagnie <strong>Carna<\/strong> et la Compagnie <strong>Al\u00e9a citta<\/strong>, cette derni\u00e8re, une compagnie de danse contemporaine.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\"><strong>C\u2019est \u00e0 Paris 8 que vous r\u00e9digez un m\u00e9moire sur <em>Le syndrome Ian<\/em> de Christian Rizzo, qui interroge la danse de club. Pourquoi ce choix ?<\/strong><\/h4>\n\n\n\n<p>Form\u00e9e \u00e0 la danse contemporaine, mon parcours s\u2019est tr\u00e8s vite m\u00e9tiss\u00e9 avec les danses urbaines : hip hop, break, krump, house, danses de club. Ma gestuelle s\u2019en est nourrie, et ce qui m\u2019int\u00e9ressait particuli\u00e8rement, c\u2019\u00e9tait de questionner l\u2019hybridit\u00e9 du mouvement, les enjeux du m\u00e9tissage, des \u00e9critures contemporaines avec une mati\u00e8re corporelle issues des danses dites \u00ab\u00a0urbaines\u00a0\u00bb <em>Le<\/em> <em>syndrome Ian<\/em> en est un exemple. Je souhaitais faire une analyse d\u2019\u0153uvre. J\u2019avais un corpus tr\u00e8s large, compos\u00e9 de pi\u00e8ces mobilisant divers processus d\u2019hybridation, mais je me suis finalement concentr\u00e9e sur celle-ci.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019analyse s\u2019est nourrie d\u2019entretiens, notamment avec <strong>Sophie Laly<\/strong>, assistante de Christian Rizzo, et <strong>Miguel Garcia Llorens<\/strong>, danseur-interpr\u00e8te de la pi\u00e8ce. Je n\u2019ai jamais r\u00e9ussi \u00e0 obtenir un entretien avec Rizzo, les temporalit\u00e9s ne co\u00efncidaient pas. Face \u00e0 ce silence, j\u2019ai imagin\u00e9 un entretien-fant\u00f4me. Mon m\u00e9moire est ainsi devenu performatif dans son \u00e9criture, \u00e0 sa mani\u00e8re. Il s\u2019intitule\u00a0: <em>\u00c0<\/em> <em>partir du clubbing, le syndrome ian de Christian Rizzo,<\/em> <em>Analyse et r\u00e9ception performative d\u2019un d\u00e9placement<\/em><\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\"><strong>Dans votre premier solo <em>Jusqu\u2019\u00e0 la nuit<\/em>, on d\u00e9couvre justement ce geste m\u00e9tiss\u00e9, entre contemporain et danses urbaines. Vous parlez de votre corps comme d\u2019un lieu de rencontre entre tension et joie. Pouvez-vous d\u00e9velopper ?<\/strong><\/h4>\n\n\n\n<p>La notion de \u00ab rencontre \u00bb est centrale pour moi. Tout au long de mon parcours, j\u2019ai fait de nombreux stages, des rencontres qui m\u2019ont \u00e9norm\u00e9ment nourrie. J\u2019ai aussi pass\u00e9 beaucoup de temps seule en studio \u00e0 chercher des chemins, \u00e0 questionner ce m\u00e9tissage, avec toutes les tensions et les \u00e9lans de joie que cela implique \u2014 un parcours qui n\u2019est jamais lin\u00e9aire.<\/p>\n\n\n\n<p>Le master m\u2019a aid\u00e9e \u00e0 avancer : \u00e9crire, adopter un regard r\u00e9flexif sur des \u0153uvres traitant du m\u00e9tissage m\u2019a permis de comprendre davantage ma propre pratique. C\u2019est d\u2019ailleurs l\u2019objectif du master : cr\u00e9er un lien entre pratique et th\u00e9orie.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans le milieu de la danse en France, les cat\u00e9gories restent tr\u00e8s pr\u00e9sentes, m\u00eame si elles tendent \u00e0 s\u2019assouplir. Je ne me retrouve pas dans ces cases. On vous demande tr\u00e8s vite d\u2019assigner une identit\u00e9 gestuelle, et durant le master j\u2019ai \u00e9t\u00e9 tiraill\u00e9e par ces enjeux. J\u2019ai finalement compris que ce n\u2019\u00e9tait pas l\u2019essentiel : ce qui m\u2019int\u00e9resse vraiment, c\u2019est la mani\u00e8re dont la lecture d\u2019une pi\u00e8ce varie selon le regard, l\u2019origine, la formation.<br>Pour <em>Jusqu\u2019\u00e0 la nuit<\/em>, certain\u00b7es spectateur\u00b7rices per\u00e7oivent surtout le krump, d\u2019autres une intention plus contemporaine\u2026 Cette pluralit\u00e9 me pla\u00eet beaucoup : chacun\u00b7e y puise dans son propre territoire gestuel.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\"><strong>Tu ouvres la pi\u00e8ce avec un corps conqu\u00e9rant puis d\u00e9ploies peu \u00e0 peu un geste plus introspectif. Cette ouverture &nbsp;fait \u00e9cho \u00e0 votre pratique des danses hip hop en crew ou en battle&nbsp;?<\/strong><\/h4>\n\n\n\n<p>Oui, j\u2019appelle ce tableau la c\u00e9r\u00e9monie d\u2019accueil. J\u2019y d\u00e9veloppe une gestuelle assez brute, dynamique, groovy aussi. Je me chauffe, je chauffe l\u2019espace, je le charge. Effectivement, c\u2019est une partie de Jusqu\u2019\u00e0 la nuit o\u00f9 ma danse hip hop s\u2019exprime pleinement, tr\u00e8s li\u00e9e \u00e0 la musicalit\u00e9 aussi. J\u2019adore le son. C\u2019est d\u2019ailleurs par la musique que je suis tomb\u00e9e dans le hip hop, par le rap. Je n\u2019ai jamais fait partie d\u2019un crew, mais j\u2019ai beaucoup fr\u00e9quent\u00e9 les battles, plus comme spectatrice. &nbsp;Comme danseuse, j\u2019ai fait quelques tentatives, mais je ne me suis jamais vraiment retrouv\u00e9e dans le rapport d\u2019\u00e9go que \u00e7a installe, le lien avec la gagne aussi. Mais j\u2019adore les ambiances, la hype, le son, le d\u00e9passement que \u00e7a provoque aussi.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\"><strong>Tu abordes aussi la th\u00e9matique des fant\u00f4mes dans ce solo.<\/strong><\/h4>\n\n\n\n<p>Je souhaite interroger l\u2019intime, mais sans ego, de fa\u00e7on \u00e0 ce que la pi\u00e8ce r\u00e9sonne de mani\u00e8re universelle. Plusieurs \u00e9l\u00e9ments \u2014 notamment l\u2019entretien-fant\u00f4me avec Christian Rizzo \u2014 m\u2019ont conduite \u00e0 cette notion de fant\u00f4mes. Je voulais leur offrir un espace ritualis\u00e9, mais pas dans le pathos ou le drame : plut\u00f4t une c\u00e9l\u00e9bration.<br>Ces fant\u00f4mes, je ne les nomme pas vraiment. Je sais quels sont les miens et comment ils ont pris place dans mon parcours. Je n\u2019en dis pas plus dans la pi\u00e8ce pour laisser \u00e0 chacun\u00b7e la possibilit\u00e9 de se projeter. Quand je parle de la pi\u00e8ce au public et qu\u2019on me demande de d\u00e9finir un peu plus ces fant\u00f4mes, j\u2019aime dire qu\u2019ils sont nos \u00e9preuves, nos failles et nos deuils, que j\u2019ai les miens, que vous avez les v\u00f4tres, mais qu\u2019on en a surement en commun.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans le solo, l\u2019espace est profond\u00e9ment ritualis\u00e9 : la voix-off, ma voix en direct et enregistr\u00e9e, la console sur le plateau \u2014 seul \u00e9l\u00e9ment sc\u00e9nographique \u2014 qui marque un territoire. On ne s\u2019attend pas forc\u00e9ment \u00e0 ce qu\u2019une danseuse manipule la lumi\u00e8re. Cette console mat\u00e9rialise le rituel : qu\u2019est-ce que je pr\u00e9pare pour cette c\u00e9r\u00e9monie ? Comment je me pr\u00e9pare, et comment je vous pr\u00e9pare, via la voix-off ?<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\"><strong>Cet espace est aussi model\u00e9 par la fum\u00e9e et les lumi\u00e8res\u2026<\/strong><\/h4>\n\n\n\n<p>D\u00e8s le d\u00e9but, j\u2019avais une direction tr\u00e8s pr\u00e9cise pour la lumi\u00e8re : je voulais une console au plateau, un rapport intime \u00e0 la lumi\u00e8re. Je souhaitais mat\u00e9rialiser plastiquement les fant\u00f4mes, qui sont un th\u00e8me abstrait, gr\u00e2ce \u00e0 la lumi\u00e8re et \u00e0 la fum\u00e9e, et \u00e0 l\u2019effet de la lumi\u00e8re sur la fum\u00e9e. Je voulais une \u00e9volution du plateau : un espace nu au d\u00e9part qui se remplit peu \u00e0 peu de lumi\u00e8re, de fum\u00e9e, et de la charge gestuelle du corps. Une transformation progressive.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\"><strong>Vous \u00eates \u00e9galement maitresse de c\u00e9r\u00e9monie et DJ lumi\u00e8re sur ce solo&nbsp;?<\/strong><\/h4>\n\n\n\n<p>Je voulais un rapport \u00e0 la f\u00eate \u2014 que ce soit ma f\u00eate. Que je sois en connexion avec les fant\u00f4mes : \u00e0 quel moment je les invite, \u00e0 quel moment ils jouent avec moi. Dans chaque f\u00eate, il y a un DJ ; ici, c\u2019est moi. On ne s\u2019attend pas \u00e0 ce qu\u2019une interpr\u00e8te g\u00e8re la lumi\u00e8re, et cela a pos\u00e9 quelques d\u00e9fis techniques. Il y a en fait deux consoles. Tout n\u2019est pas pr\u00e9-enregistr\u00e9 ; certains passages sont repris en r\u00e9gie.<\/p>\n\n\n\n<p>En tant qu\u2019interpr\u00e8te, j\u2019ai tr\u00e8s t\u00f4t int\u00e9gr\u00e9 la manipulation de la lumi\u00e8re dans ma chor\u00e9graphie. Pendant mes trainings, j\u2019allais \u00e0 la console, je poussais un fader cr\u00e9ant une ambiance, puis je retournais au mouvement. Je voulais que ce soit totalement int\u00e9gr\u00e9, apprivois\u00e9. J\u2019ai \u00e9norm\u00e9ment appris : le rapport corps \/ lumi\u00e8re m\u2019a toujours int\u00e9ress\u00e9e, et cette cr\u00e9ation n\u2019a fait que le confirmer.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\"><strong>Des projets de cr\u00e9ation apr\u00e8s ce solo ?<\/strong><\/h4>\n\n\n\n<p>Oui, je souhaite cr\u00e9er une pi\u00e8ce pour cinq interpr\u00e8tes. Je commence \u00e0 y r\u00e9fl\u00e9chir. Le solo est une forme exigeante qui demande d\u2019\u00eatre partout ; j\u2019ai envie de sortir du plateau, de penser un ensemble, un groupe de cinq danseuses dans l\u2019espace. C\u2019est ambitieux, donc je veux prendre le temps de construire la production.<\/p>\n\n\n\n<p>Je m\u2019interroge beaucoup sur l\u2019\u00e9cologie et l\u2019\u00e9conomie du spectacle vivant : produire une \u0153uvre chaque ann\u00e9e, courir apr\u00e8s les financements qui se r\u00e9duisent\u2026 Les embouteillages de la diffusion\u2026 Peut-\u00eatre existe-t-il d\u2019autres mani\u00e8res d\u2019exister sur sc\u00e8ne. Je pense \u00e0 des projets satellites, des rencontres avec le public, des cr\u00e9ations amateures, etc.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 ce sujet, je m\u00e8ne un projet satellite de la compagnie, <strong>ETHIO<\/strong> : un projet de recherche et d\u2019\u00e9criture d\u2019ouvrage autour de ma rencontre avec les danses traditionnelles \u00e9thiopiennes. Il comprend aussi un volet pratique avec la chanteuse \u00e9thiopienne Iri Di. Ensemble, nous avons cr\u00e9\u00e9 une performance : <em>Iri x Fiona<\/em>. L\u00e0, c\u2019est un projet inscrit dans une temporalit\u00e9 \u00e9tir\u00e9e entre deux territoires, l\u2019Ethiopie et la France avec des restitutions du travail de recherches.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\"><strong>Tu \u00e9voquais des cr\u00e9ations avec des amateur\u00b7es. Peux-tu en dire plus ?<\/strong><\/h4>\n\n\n\n<p>Quand j\u2019ai travaill\u00e9 pour la compagnie Massala avec <a href=\"https:\/\/umoove.art\/index.php\/2022\/12\/13\/nass-fouad-boussouf\/\" title=\"Fouad Boussouf\">Fouad Boussouf<\/a>, il y avait un grand volet de m\u00e9diation : comment reconstruire les pi\u00e8ces avec des amateur\u00b7es, comment les questionner collectivement. J\u2019ai beaucoup appris. J\u2019ai notamment fait un travail important avec des \u00e9tudiant\u00b7es de l\u2019universit\u00e9 de Nanterre autour de <em>N\u00e4ss<\/em>, mais aussi \u00e0 la Maison de la danse de Lyon. Avec les exp\u00e9riences dans la compagnie Massala, puis avec le CCN du Havre, lorsque Fouad Boussouf en a pris la direction, j\u2019ai acquis un bagage p\u00e9dagogique solide, qui nourrit ma cr\u00e9ation et ma volont\u00e9 de transmission g\u00e9n\u00e9rationnelle. Ce qui m\u2019a donn\u00e9 envie de danser, ce sont des rencontres avec des chor\u00e9graphes : au lyc\u00e9e, tous les jeudis soirs, j\u2019allais au th\u00e9\u00e2tre de Bressuire. Je n\u2019imagine pas mon travail autrement : je veux plus que tout rencontrer les gens, le public.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour <em>Jusqu\u2019\u00e0 la nuit<\/em>, j\u2019ai men\u00e9 un projet sur trois ans avec une classe, en partenariat avec le Centre d\u2019animation Beaulieu : un projet totalement in\u00e9dit avec un lyc\u00e9e professionnel de Kyoto \u00e0 Poitiers. Nous exp\u00e9rimentons la cr\u00e9ation sur un temps long. Je les ai rencontr\u00e9s en seconde ; ils sont maintenant en premi\u00e8re. Ils me voient grandir autant que je les vois m\u00fbrir. Je leur ai partag\u00e9 mon processus de cr\u00e9ation, et ce soir (jeudi 27 novembre 2025), ils d\u00e9couvrent la pi\u00e8ce sur sc\u00e8ne.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour l\u2019\u00e9mergence artistique, avoir des projets comme celui-ci est fabuleux. Ce n\u2019est pas un public facile : ils ne sont pas danseurs, mais nous avons trois ans pour cr\u00e9er une rencontre dans le corps. Nous allons cr\u00e9er une pi\u00e8ce ensemble pour le festival <strong>A Corps<\/strong> : ce sera la premi\u00e8re fois qu\u2019un lyc\u00e9e professionnel y participe.<br><a href=\"https:\/\/www.centredebeaulieu.fr\/\" title=\"\">C\u00e9line Bergeron<\/a> porte le projet avec une \u00e9nergie folle. Les \u00e9l\u00e8ves voient plusieurs pi\u00e8ces, et je les accompagnerai dans la programmation de l\u2019\u00e9dition 2026.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce projet de liaison me tient \u00e9norm\u00e9ment \u00e0 c\u0153ur. La fili\u00e8re SAPAT \u2014 Services aux Personnes et aux Territoires \u2014 rend encore plus pertinent ce lien avec le corps, le care, l\u2019\u00e9coute, le toucher\u2026 Ils ont un rapport in\u00e9dit \u00e0 la relation, et je trouve passionnant de les accompagner dans cette dimension corporelle.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Propos recueillis par C\u00e9dric Chaory<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>\u00a9<\/strong> <strong>Marion Colombani<\/strong><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio\"><div class=\"wp-block-embed__wrapper\">\n<div class=\"ast-oembed-container\" style=\"height: 100%;\"><iframe loading=\"lazy\" title=\"JUSQU&#039;A LA NUIT - en recherche\" width=\"500\" height=\"281\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/PR4jVia6Gjs?feature=oembed\" frameborder=\"0\" allow=\"accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share\" referrerpolicy=\"strict-origin-when-cross-origin\" allowfullscreen><\/iframe><\/div>\n<\/div><\/figure>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Pr\u00e9sent\u00e9 d\u2019abord au festival Plein Phare du CCN Le Havre puis \u00e0 Maul\u00e9on dans le cadre du Festival Voix et Danses, Jusqu\u2019\u00e0 la nuit d\u00e9voile le premier solo de Fiona Le Goff \u2014 fondatrice de la compagnie need. Entre rituel lumineux, pr\u00e9sence des fant\u00f4mes, traces du hip hop et regard r\u00e9flexif h\u00e9rit\u00e9 de son parcours &hellip;<\/p>\n<p class=\"read-more\"> <a class=\"\" href=\"https:\/\/umoove.art\/index.php\/2025\/12\/03\/faire-danser-ses-fantomes-la-traversee-de-fiona\/\"> <span class=\"screen-reader-text\">Faire danser ses fant\u00f4mes, la travers\u00e9e de Fiona<\/span> Lire la suite\u00a0\u00bb<\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"site-sidebar-layout":"default","site-content-layout":"default","ast-global-header-display":"","ast-banner-title-visibility":"","ast-main-header-display":"","ast-hfb-above-header-display":"","ast-hfb-below-header-display":"","ast-hfb-mobile-header-display":"","site-post-title":"","ast-breadcrumbs-content":"","ast-featured-img":"","footer-sml-layout":"","theme-transparent-header-meta":"","adv-header-id-meta":"","stick-header-meta":"","header-above-stick-meta":"","header-main-stick-meta":"","header-below-stick-meta":"","footnotes":""},"categories":[9],"tags":[348,395,404,396,406,398,400,394,32,397,401,393,403,402,405,399],"class_list":["post-10145","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-interview-interview","tag-choregraphie","tag-compagnieneed","tag-creationchoregraphique","tag-dansecontemporaine-dansesurbaines","tag-danseemergente","tag-dansemetissee","tag-festivalvoixetdanses","tag-fiona-le-goff","tag-fouad-boussouf","tag-hiphopdance-krump","tag-juliedossavi","tag-jusqualanuit","tag-lumiereetdanse","tag-rituelscenique","tag-scenefrancaise","tag-solodanse-fairedansersesfantomes-festivalpleinphare"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/umoove.art\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/10145","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/umoove.art\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/umoove.art\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/umoove.art\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/umoove.art\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=10145"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/umoove.art\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/10145\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":10147,"href":"https:\/\/umoove.art\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/10145\/revisions\/10147"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/umoove.art\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=10145"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/umoove.art\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=10145"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/umoove.art\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=10145"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}