{"id":10089,"date":"2025-11-27T18:12:36","date_gmt":"2025-11-27T17:12:36","guid":{"rendered":"https:\/\/umoove.art\/?p=10089"},"modified":"2025-11-27T18:13:44","modified_gmt":"2025-11-27T17:13:44","slug":"faits-dhiver-le-festival-ou-le-corps-devient-paysage","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/umoove.art\/index.php\/2025\/11\/27\/faits-dhiver-le-festival-ou-le-corps-devient-paysage\/","title":{"rendered":"\u00ab\u00a0Faits d\u2019hiver\u00a0\u00bb : Le festival o\u00f9 le corps devient paysage"},"content":{"rendered":"\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"819\" src=\"https:\/\/umoove.art\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/Umoove-site-internet-5-2-1024x819.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-10090\" srcset=\"https:\/\/umoove.art\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/Umoove-site-internet-5-2-1024x819.jpg 1024w, https:\/\/umoove.art\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/Umoove-site-internet-5-2-300x240.jpg 300w, https:\/\/umoove.art\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/Umoove-site-internet-5-2-768x614.jpg 768w, https:\/\/umoove.art\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/Umoove-site-internet-5-2-1536x1229.jpg 1536w, https:\/\/umoove.art\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/Umoove-site-internet-5-2.jpg 2000w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Pour sa 28\u1d49 \u00e9dition, <em>Faits d\u2019hiver<\/em> ne se contente pas de c\u00e9l\u00e9brer un \u00e2ge ou de renouer avec ses origines \u2013 de L\u2019\u00c9toile du Nord \u00e0 la SACD, en passant par le Th\u00e9\u00e2tre Silvia Monfort. Ce festival, dernier que conduit Christophe Martin dans cette forme, revendique plut\u00f4t sa libert\u00e9 face aux g\u00e9n\u00e9rations et aux filiations suppos\u00e9es de la danse contemporaine.<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>Ici, aucun chor\u00e9graphe ne surgit en h\u00e9ritier, aucune esth\u00e9tique dominante ne dicte ses lois. Les formes \u00e9clat\u00e9es cohabitent, se r\u00e9pondent, se confrontent, dessinant un paysage chor\u00e9graphique o\u00f9 chaque geste, chaque corps, chaque son porte sa singularit\u00e9. La 28\u1d49 \u00e9dition se fait ainsi le laboratoire d\u2019\u00e9chos g\u00e9n\u00e9rationnels, o\u00f9 anciens et jeunes cr\u00e9ateurs dialoguent, o\u00f9 danse, performance, arts visuels et technologies se m\u00ealent, et o\u00f9 la question de la transmission \u2013 esth\u00e9tique, sensorielle, humaine \u2013 reste au c\u0153ur du geste cr\u00e9atif. Un festival qui, fid\u00e8le \u00e0 son histoire et \u00e0 sa modernit\u00e9, affirme que la danse contemporaine est \u00e0 la fois universelle, plurielle et n\u00e9cessairement vivante.<\/p>\n\n\n\n<p>Paris, janvier-f\u00e9vrier 2026. Le froid mord, le ciel h\u00e9site entre gris et noir, et la ville retient son souffle. C\u2019est le moment id\u00e9al pour accueillir <em>Faits d\u2019hiver<\/em>, ce festival qui ne vous caresse pas dans le sens du poil, mais qui vous saisit par le col et vous secoue jusqu\u2019au bout de l\u2019\u00e2me. Ici, on ne vient pas pour se divertir. On vient pour \u00e9prouver, pour \u00eatre t\u00e9moin de la vuln\u00e9rabilit\u00e9 du corps, pour sentir la po\u00e9sie glisser entre nos doigts, parfois sous la forme de sueur, de silence, ou de technologies qui, ironiquement, semblent mieux nous comprendre que nous-m\u00eames.<\/p>\n\n\n\n<p>La saison d\u00e9marre sous le signe de l\u2019intime et de l\u2019inoubliable avec <strong>Nicolas Cantillon <\/strong>et son<em> Dead Horse in a Bathtub<\/em>. L\u2019enfant qu\u2019il fut se faufile entre Indiens, cow-boys et chevaux de plastique, et nous entra\u00eene dans ce salon d\u2019autrefois comme dans une machine \u00e0 remonter le temps. Le public n\u2019est plus simple spectateur : il est invit\u00e9 \u00e0 partager la chaleur rassurante d\u2019un foyer, \u00e0 ressentir la s\u00e9curit\u00e9 d\u2019une enfance envelopp\u00e9e de rythm and blues. Cantillon ne d\u00e9truit pas, il construit. Il nous offre la cl\u00e9 d\u2019un monde int\u00e9rieur qui, dans un monde effondr\u00e9, para\u00eet plus pr\u00e9cieux que jamais.<\/p>\n\n\n\n<p>Puis surgit <strong><em>DOS<\/em><\/strong>, la cr\u00e9ation de <strong>Delgado Fuchs<\/strong>. Ici, les corps s\u2019empoignent, s\u2019entrelacent, se caressent dans une candeur fraternelle et presque animale. <strong>Marco Delgado et Valentin Pythoud<\/strong> deviennent leurs propres h\u00e9ros sur une bande-son psych\u00e9d\u00e9lique d\u2019Erkin Koray. La pi\u00e8ce explore l\u2019abandon, la fid\u00e9lit\u00e9, la confiance \u2014 ou, pour parler cruement, ce que nous, pauvres humains, ne savons pas toujours donner aux autres, mais que certaines esp\u00e8ces semblent ma\u00eetriser \u00e0 la perfection : des cygnes aux castors, en passant par les porteurs-voltigeurs. L\u2019humour est l\u00e0, discret mais per\u00e7ant, un antidote \u00e0 la gravit\u00e9 trop facile.<\/p>\n\n\n\n<p>Le festival ne se limite pas \u00e0 l\u2019observation du corps, mais interroge son rapport au temps et \u00e0 l\u2019extase. <strong>Olivier de Sagazan<\/strong>, avec <em>Il nous est arriv\u00e9 quelque chose<\/em>, croise art et sciences, corps et cosmos, \u00e9lectrocardiogrammes et transe. Le performeur devient un corps-texte o\u00f9 la folie et l\u2019extase s\u2019entrelacent, offrant au spectateur la vision d\u2019un univers o\u00f9 le vivant ne se mesure pas, ne se comprend pas, mais se ressent. De Sagazan retrouve ici son \u00e9lan biologiste pour r\u00e9v\u00e9ler ce que nous pressentons tous : le corps est un myst\u00e8re et la sc\u00e8ne, un laboratoire de l\u2019inexplicable.<\/p>\n\n\n\n<p>Puis vient le diable, ou plut\u00f4t ce qu\u2019il est devenu \u00e0 l\u2019\u00e8re de l\u2019intelligence artificielle. <strong>Christine Armanger <\/strong>et<strong> <\/strong><em>de dIAbol<\/em><strong>i<\/strong> font danser trois cr\u00e9atures mi-humaines, mi-satyres, autour d\u2019un chien robot propuls\u00e9 par ChatGPT. Ici, le mal n\u2019est plus symbolique : il est contemporain, num\u00e9rique, interactif, et infiniment s\u00e9duisant. Entre XVe si\u00e8cle et Black Mirror, le sabbat prend des airs de laboratoire philosophique o\u00f9 le spectateur devient t\u00e9moin d\u2019un rituel hallucinatoire et inqui\u00e9tant.<\/p>\n\n\n\n<p>Le festival se tourne \u00e9galement vers l\u2019\u00e9l\u00e9mentaire et l\u2019immersion po\u00e9tique. <strong>Julia Passot, Julie Nioche <\/strong>et<strong> Joanne Clavel<\/strong> proposent <em>Ce que laisse la mer<\/em>, un parcours sensoriel o\u00f9 algues, coquillages, bois flott\u00e9s et d\u00e9chets plastiques deviennent les m\u00e9diums d\u2019une r\u00e9flexion sur notre rapport \u00e0 l\u2019oc\u00e9an et, par extension, \u00e0 la plan\u00e8te. On plonge, litt\u00e9ralement et m\u00e9taphoriquement, dans un monde \u00e0 la fois fragile et r\u00e9silient.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans un registre plus c\u00e9r\u00e9bral, <strong>Lionel Hoche, Daniel Larrieu <\/strong>et <strong>Carlotta Sagna<\/strong> avec <em>ouvr\u00c2ges<\/em> nous confrontent \u00e0 l\u2019\u00e9ternelle boucle du pr\u00e9sent, un monde obs\u00e9d\u00e9 par l\u2019imm\u00e9diatet\u00e9 et sa propre image. Mille-feuille de souvenirs et d\u2019anticipations, la pi\u00e8ce m\u00eale m\u00e9moire et instantan\u00e9it\u00e9, une ode subtile \u00e0 la complexit\u00e9 de l\u2019existence.<\/p>\n\n\n\n<p>Le festival fait dialoguer la danse et la musique sous toutes leurs formes. <strong>Yuval Pick<\/strong>, avec <em>Into the Silence<\/em>, s\u2019ancre dans la rigueur et la profondeur de Bach pour explorer la pl\u00e9nitude du corps dansant. <strong>Erika Zueneli<\/strong> compose, avec <em>Le Margherite<\/em>, une suspension de l\u2019\u00e9ph\u00e9m\u00e8re, un espace \u00ab sur le fil \u00bb o\u00f9 la finitude devient r\u00e9sistance, un refus po\u00e9tique de la cl\u00f4ture. <strong>Carole Quettier<\/strong>, dans <em>EXALTE \/ Maria &amp; Magda<\/em>, interroge mystiques et extases, dans un ballet o\u00f9 la temporalit\u00e9 s\u2019efface au profit d\u2019un pr\u00e9sent exacerb\u00e9, \u00e0 la limite du fr\u00f4lement du divin.<\/p>\n\n\n\n<p>La sc\u00e8ne contemporaine n\u2019est jamais loin du politique. <strong>Mohamed Toukabri<\/strong>, avec son solo \u00e0 la longueur de titre d\u00e9raisonnable, scrute la danse, la d\u00e9construit et la d\u00e9colonise. Son mouvement est \u00e0 la fois excavation, r\u00e9bellion et invitation \u00e0 la r\u00e9invention collective. Le spectateur devient t\u00e9moin d\u2019un dialogue entre les traditions et l\u2019in\u00e9dit, entre l\u2019urgence et l\u2019impr\u00e9vu.<\/p>\n\n\n\n<p>Enfin, les cl\u00f4tures de cette fresque hivernale sont confi\u00e9es \u00e0<a href=\"https:\/\/umoove.art\/index.php\/2024\/02\/25\/yvann-alexandre\/\" title=\"\"> <strong>Yvann Alexandre<\/strong><\/a> et <strong>Myriam Gourfink<\/strong>. <em>N.\u00e9on<\/em> joue avec l\u2019intime et le collectif, le f\u00e9minin et le masculin, l\u2019ombre et la lumi\u00e8re. Les interpr\u00e8tes sont chevaliers, espions, illusions, mondes possibles. Dans <em>Almasty<\/em>, la lenteur au sol devient instrument de contemplation et d\u2019exp\u00e9rimentation, et le temps suspendu nous rappelle qu\u2019il n\u2019y a de vrai que l\u2019attention port\u00e9e \u00e0 l\u2019instant.<\/p>\n\n\n\n<p><em>Faits d\u2019hiver 2026<\/em> n\u2019est pas un festival pour les \u00e2mes ti\u00e8des. Il est un laboratoire de sensation, un champ de bataille po\u00e9tique, un miroir de nos d\u00e9sirs, de nos peurs et de nos contradictions. Il vous arrache au confort, vous met face \u00e0 la beaut\u00e9 fragile de l\u2019\u00e9ph\u00e9m\u00e8re et vous rappelle, avec une ironie parfois cruelle mais jamais injuste, que le monde r\u00e9el ne pardonne ni l\u2019inaction ni la m\u00e9diocrit\u00e9. Comme l\u2019aurait dit Vidal : \u00ab Il n\u2019y a que l\u2019intelligence et l\u2019audace pour sauver l\u2019homme du ridicule. \u00bb Le festival, lui, ne fait pas que sauver : il transforme, d\u00e9range, exalte, et parfois, il bouleverse.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>C\u00e9dric Chaory<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>Almasty<\/em> de Myriam Gourfink &#8211; \u00a9 E. Montanari<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/www.faitsdhiver.com\/\"><strong>Faits d&rsquo;hiver danse festival<\/strong><\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Pour sa 28\u1d49 \u00e9dition, Faits d\u2019hiver ne se contente pas de c\u00e9l\u00e9brer un \u00e2ge ou de renouer avec ses origines \u2013 de L\u2019\u00c9toile du Nord \u00e0 la SACD, en passant par le Th\u00e9\u00e2tre Silvia Monfort. 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