Armando Pekeno & Artur Soar

L’entrelac des gestuelles évoquent les mandalas. Les lignes sont franches, claires. Fluides et cliniques à la fois. Gestuelles de voyageurs ayant franchi les portes, de danseurs aguerris, de maîtres. Gestuelles métissées, d’origines africaines ou pas, sud américaines ou pas, d’origine célestes oui. Gestuelles qui s’adressent à notre contemporanéité, à notre universalité. A notre humanité. Intemporelle.

Gestuelle

Gestuelle

Gestuelle

Deux jacinthes sauvages émergent du sol, irradient de leur constance l’espace ritualisé. Elles laissent leurs racines s’abreuver de soupirs ancestraux. L’entrée est lente, ouvre les portes entre visible et invisible. Entre les lumières confiées aux lampes sculptures, et les ombres portées qui définissent les tracés, les chemins, les perspectives, le geste peut naître.

Le rituel est en place. Les feuilles, la bassine, l’eau remplissent l’atmosphère de sensations fraîches. Le corps des danseurs jacinthes laisse le parfum exhaler. Chacun, chacune se reconnaît dans cette odeur qui fait jaillir en nous des mémoires enfouies. La danse est minutieuse, écrite ou improvisée, elle, rentre en résonnance profonde avec la lumière. La spirale est maîtresse du mouvement. Les tracés qui figuraient au sol se déploient dans toutes les directions avec fermeté et diligence. Ces deux-là – Armando et Artur – s’aiment et se comprennent , ce qui nous invite à faire de même. 

Car nous sommes bien compris dans cette relation. Nous sommes avalés par l’espace et nous laissons gagner par la contagion vibratoire de cette pièce. C’est un moment rare et précieux. L’énergie va bien au delà des enveloppes corporelles, nous fait oublier les murs de cette salle baignée d’aurores boréales. C’est bien là le propre des grands artistes.

Transformer. Engloutir. Restituer. Nous faire rêver. Nous faire oublier le peu que nous sommes pour accéder à plus grand que nous.

Léone Beausoleil

Vu le 19 septembre 2025 à l’Espace Le Goffic, Pacé (35) / MJC de Pacé