
Vova ou Être à part
Seul au monde. Seul au milieu de la foule. Un Seul être vous manque, et tout est dépeuplé. Isolement par la souffrance… ou… l’élévation.
Au cœur de l’intime, Vova est une systole à part. Plonger dans son intériorité bariolée, tempêtueuse, mais… transcendée par les larmes – de nostalgie (l’Ukraine ? où il ne retournera pas) – de colère contre l’injustice du monde et du corps, et, in fine, de joie, est synonyme d’apprentissage.
D’abord, en l’écoutant. Vova parle ukrainien, français, anglais, et russe. De sa voix rauque et aérienne à la fois, il profère des paroles pleines de sagesse si, à l’instar de Nietzsche, on accepte le fait que la Grande Sagesse provient de la Grande Folie, elle-même engendrée par l’Amour. Plein de Théologie au moment même où il le renie, Vova évoque son pardon, le grand, envers tout et tous ce(ux) qui fait mal, son sens de l’amitié, sa communion avec ses chats et le monde animal en général… Et, cela, en toute humilité.
Il se considère en effet comme un « boy next door ». Et pourtant… Dieu sait que faire Danser, en composant paroles et musiques de rock écorché vif, de ceux qui n’ont point atteint les 28 ans qu’il vient de fêter ; recycler des vêtements pour en faire des pièces uniques, fabriquer des bijoux non reproductibles en « trafiquant » habilement les matières… n’est pas chose donnée à chacun. Vova est donc un être inspiré.
Et, surtout, à part… à l’image de ses yeux perçants qu’il lui arrive souvent de cacher derrière des lunettes de soleil (il est si pudique donc poli de cacher ses larmes à autrui…).
Vova écrit, aussi, un journal intime. Qui rejoint les autres par sa puissance d’universalisation des maux. Et les met en musique. Autour de lui, les gens dansent. Et… « Je ne croirai qu’en un dieu qui s’entend à danser », déclare Zarathoustra. Pour ma part, je vous invite à regarder, avec des yeux d’enfant, de lion ou de folie, selon vos métamorphoses spirituelles, Vova, cette Grâce ambulante, en tant qu’être à part.
Bérengère Alfort
