{"id":4817,"date":"2023-09-24T16:03:22","date_gmt":"2023-09-24T14:03:22","guid":{"rendered":"http:\/\/umoove.art\/?p=4817"},"modified":"2023-09-24T18:10:02","modified_gmt":"2023-09-24T16:10:02","slug":"le-temps-daimer-la-danse","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/umoove.art\/index.php\/2023\/09\/24\/le-temps-daimer-la-danse\/","title":{"rendered":"Le temps d&rsquo;aimer la danse"},"content":{"rendered":"\t\t<div data-elementor-type=\"wp-post\" data-elementor-id=\"4817\" class=\"elementor elementor-4817\" data-elementor-post-type=\"post\">\n\t\t\t\t\t\t\t\t\t<section class=\"elementor-section elementor-top-section elementor-element elementor-element-9d99762 elementor-section-boxed elementor-section-height-default elementor-section-height-default\" data-id=\"9d99762\" data-element_type=\"section\">\n\t\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-container elementor-column-gap-default\">\n\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-column elementor-col-100 elementor-top-column elementor-element elementor-element-8278ef2\" data-id=\"8278ef2\" data-element_type=\"column\">\n\t\t\t<div class=\"elementor-widget-wrap elementor-element-populated\">\n\t\t\t\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-element elementor-element-65db58d elementor-widget elementor-widget-image\" data-id=\"65db58d\" data-element_type=\"widget\" data-widget_type=\"image.default\">\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-widget-container\">\n\t\t\t<style>\/*! elementor - v3.14.0 - 26-06-2023 *\/\n.elementor-widget-image{text-align:center}.elementor-widget-image a{display:inline-block}.elementor-widget-image a img[src$=\".svg\"]{width:48px}.elementor-widget-image img{vertical-align:middle;display:inline-block}<\/style>\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"768\" height=\"614\" src=\"http:\/\/umoove.art\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/Reouverture-du-bureau-de-presse-le-4-septembre-3-768x614.jpg\" class=\"attachment-medium_large size-medium_large wp-image-4819\" alt=\"\" srcset=\"http:\/\/umoove.art\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/Reouverture-du-bureau-de-presse-le-4-septembre-3-768x614.jpg 768w, http:\/\/umoove.art\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/Reouverture-du-bureau-de-presse-le-4-septembre-3-300x240.jpg 300w, http:\/\/umoove.art\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/Reouverture-du-bureau-de-presse-le-4-septembre-3-1024x819.jpg 1024w, http:\/\/umoove.art\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/Reouverture-du-bureau-de-presse-le-4-septembre-3-1536x1229.jpg 1536w, http:\/\/umoove.art\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/Reouverture-du-bureau-de-presse-le-4-septembre-3.jpg 2000w\" sizes=\"auto, (max-width: 768px) 100vw, 768px\" \/>\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t<\/div>\n\t\t\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t<\/section>\n\t\t\t\t<section class=\"elementor-section elementor-top-section elementor-element elementor-element-fa4abb9 elementor-section-boxed elementor-section-height-default elementor-section-height-default\" data-id=\"fa4abb9\" data-element_type=\"section\">\n\t\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-container elementor-column-gap-default\">\n\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-column elementor-col-100 elementor-top-column elementor-element elementor-element-3aa8d5b\" data-id=\"3aa8d5b\" data-element_type=\"column\">\n\t\t\t<div class=\"elementor-widget-wrap elementor-element-populated\">\n\t\t\t\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-element elementor-element-c53153a elementor-widget elementor-widget-text-editor\" data-id=\"c53153a\" data-element_type=\"widget\" data-widget_type=\"text-editor.default\">\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-widget-container\">\n\t\t\t<style>\/*! elementor - v3.14.0 - 26-06-2023 *\/\n.elementor-widget-text-editor.elementor-drop-cap-view-stacked .elementor-drop-cap{background-color:#69727d;color:#fff}.elementor-widget-text-editor.elementor-drop-cap-view-framed .elementor-drop-cap{color:#69727d;border:3px solid;background-color:transparent}.elementor-widget-text-editor:not(.elementor-drop-cap-view-default) .elementor-drop-cap{margin-top:8px}.elementor-widget-text-editor:not(.elementor-drop-cap-view-default) .elementor-drop-cap-letter{width:1em;height:1em}.elementor-widget-text-editor .elementor-drop-cap{float:left;text-align:center;line-height:1;font-size:50px}.elementor-widget-text-editor .elementor-drop-cap-letter{display:inline-block}<\/style>\t\t\t\t<h3><strong>La 33\u00e8me \u00e9dition du festival <em>Le temps d\u2019aimer la danse<\/em> s\u2019est referm\u00e9e le dimanche 17 septembre apr\u00e8s avoir propos\u00e9 un programme \u00e9clectique o\u00f9 ballets fran\u00e7ais et \u00e9trangers ont fait le bonheur du public. Retour sur le dernier week-end du festival avec en guest-star l\u2019\u00e9blouissant Hessisches Staatsballet.<\/strong><\/h3><h6><strong>Danser Laboa<\/strong><\/h6><p>Biarritz quartier P\u00e9tricot\u00a0; loin des demeures cossues du bord de mer, se loge l&rsquo;un des grands ensembles t\u00e9moins de la densification du b\u00e2ti qu&rsquo;a connue\u00a0Biarritz\u00a0dans les ann\u00e9es 60. Un quartier populaire dirons-nous qui poss\u00e8de, forc\u00e9ment, son fronton nomm\u00e9 ici Larrepunte. Depuis une semaine et pendant toute la dur\u00e9e du festival <em>Le temps d\u2019aimer la danse<\/em>, les joueurs de pelote basque le partagent avec <strong>Mizel Th\u00e9ret<\/strong>, chor\u00e9graphe du pays. Qu\u2019il pleut, qu\u2019il vente, qu\u2019il canicule, il interpr\u00e8te son solo <em>Komunikazio \u2013 Inkomunikazio<\/em> sur une partition de <strong>Mikel Laboa<\/strong>,\u00a0artiste majeur de la sc\u00e8ne musicale basque, sorte de r\u00e9f\u00e9rence respect\u00e9e de tous, d\u00e9c\u00e9d\u00e9 en 2008.<\/p><p>Rituel dans\u00e9, cette courte pi\u00e8ce de 25 minutes n\u2019en est pas moins intense et ne m\u00e9nage pas le corps alerte du danseur senior. 18h : Mizel entre sur sa sc\u00e8ne offerte \u00e0 tous les vents et symbolis\u00e9e par quatre cordelettes rouges dans ses coins. Face \u00e0 lui une armada de spectateurs, abrit\u00e9s sous leur parapluie, les fesses au sec sur un plastique. Il le sait, l\u2019actuel crachin va lui compliquer la t\u00e2che mais l\u2019impr\u00e9vu est tout le sel de <em>Komunikazio \u2013 Inkomunikazio. <\/em>Avant-hier le soleil a fait suffoquer l\u2019interpr\u00e8te, hier le vent l\u2019a revigor\u00e9. Aujourd\u2019hui il lui faudra surveiller ses appuis et jouer des \u00e9quilibres. Avec son geste \u00e9pur\u00e9 au maximum, sans contrainte, toujours juste et pr\u00e9cis, le solo \u00a0de Mizel propose un travail sur la m\u00e9moire et la culture basque. Le minimalisme et l\u2019abstraction d\u2019un geste tout int\u00e9rioris\u00e9 s\u2019accommodant parfaitement de la partition exp\u00e9rimentale de Laboa. On pense entendre de l\u2019anglais, du portugais \u2026 il n\u2019en rien : l\u2019auteur-compositeur a invent\u00e9 une langue qui r\u00e9sonne, solennelle, dans l\u2019espace urbain. Sur une partition chor\u00e9graphique au cordeau, Mizel Theret, vaillant, suit les m\u00e9lop\u00e9es imaginaires de son illustre compatriote s\u2019autorisant quelques improvisations au gr\u00e9 de ses humeurs comme ces violentes roulades au sol. Il s\u2019en sort non sans quelques \u00e9gratignures au visage, son assistante lui avait pourtant montrer la bonne parade, le sol d\u00e9tremp\u00e9 en aura d\u00e9cid\u00e9 autrement.<\/p><p>Mizel Theret a d\u00e9j\u00e0 compos\u00e9 plusieurs chor\u00e9graphies sur l\u2019\u0153uvre du Ma\u00eetre Laboa. Des pi\u00e8ces courtes qui pourraient sans doute un jour \u00eatre toutes jou\u00e9es \u00e0 la suite, \u00e0 l\u2019occasion d\u2019un hommage au musicien basque. Le public, et plus particuli\u00e8rement les habitants du quartier des alentours de la Place de la R\u00e9sistance, a particuli\u00e8rement go\u00fbt\u00e9 son univers. Il y a effectivement une sorte de r\u00e9sistance et de lutte dans <em>Komunikazio \u2013 Inkomunikazio. <\/em>Au temps qui passe, \u00e0 l\u2019uniformit\u00e9 qui guette partout. Il s\u2019agit bien l\u00e0 de d\u00e9fendre une danse pure et une culture autochtone sacr\u00e9ment vivante.<\/p><h6><strong>Introducing <\/strong><\/h6><p>Pour sa premi\u00e8re venue en France, l&rsquo; Hessisches Staatsballet Wiesbaden-Darmstadt foule le parquet du Th\u00e9\u00e2tre-Casino de Biarritz, v\u00e9n\u00e9rable b\u00e2timent de style Art-D\u00e9co ancr\u00e9 sur une des plages-phares de la cit\u00e9. Pr\u00e9sente sur le festival pour deux soir\u00e9es \u2013 illustration de la d\u00e9marche \u00e9co-responsable de l\u2019\u00e9v\u00e8nement \u2013 le ballet propose le vendredi 15 septembre un premier programme intitul\u00e9 <em>Gerade NOW\u00a0!<\/em> que l\u2019on peut traduire par \u00ab\u00a0juste maintenant\u00a0\u00bb.<\/p><p>Juste maintenant car il aura fallu attendre pr\u00e8s de 10 ans au public fran\u00e7ais pour d\u00e9couvrir cette incroyable compagnie de 28 danseurs et danseuses de toutes nationalit\u00e9s dirig\u00e9e depuis 2020 par <strong>Bruno Heynderickx<\/strong> \u2013 ancien du Ballet Malandain dans les ann\u00e9es 1990, mais aussi juste maintenant pour souligner l\u2019urgence qui suinte des deux pi\u00e8ces pr\u00e9sent\u00e9es ce soir-l\u00e0. L\u2019urgence d\u2019un geste dans\u00e9 saisissant, l\u2019urgence d\u2019agir pour l\u2019environnement.<\/p><p>C\u2019est avec <em>Midnight Raga<\/em>, pi\u00e8ce cr\u00e9\u00e9e en 2017 pour le NDT2, que la compagnie se pr\u00e9sente au public. \u00a0<em>\u00ab\u00a0L\u2019Inde me fascine depuis un certain temps ; la vie y est tellement concentr\u00e9e et intense, immat\u00e9rielle en apparence, alors que beaucoup de gens y vivent et meurent dans la pauvret\u00e9 la plus abjecte\u00a0\u00bb<\/em> explique le temp\u00e9tueux cr\u00e9ateur <strong>Marco Goecke<\/strong> pour cette courte pi\u00e8ce travers\u00e9e d\u2019un flux immuable de mouvements nerveux, minutieusement ordonn\u00e9s. Un flux qui contraste avec la musique classique indienne de <strong>Ravi Shankar<\/strong> mais l\u2019ensemble fonctionne, l\u2019interpr\u00e9tation intense de <strong>Kennedy Kallas<\/strong> et <strong>Rita Winder<\/strong> aidant pour beaucoup. Sans transition aucune, les interpr\u00e8tes \u00e9voluent du r\u00e2ga \u00e0 la soul d\u2019Etta James avec toujours cette m\u00eame gestuelle intranquille, fr\u00e9n\u00e9tique qui imprime la r\u00e9tine. Entre \u00e9vocation de la grouillante Inde et blue mood \u00e9pileptique, le bref <em>Midnight Raga<\/em> est une p\u00e9pite qui laisse place \u00e0 une seconde pi\u00e8ce bien moins saisissante.<\/p><p>C\u2019est<strong> Martin Harriague<\/strong>, enfant du pays, qui la signe. Chor\u00e9graphe basque que la plan\u00e8te s\u2019arrache, il a particuli\u00e8rement s\u00e9duit la r\u00e9daction avec son <em>Gernika <\/em>sign\u00e9 pour le collectif Bilaka. Ce soir \u00e0 Biarritz, il propose <em>Of Prophets and Puppets<\/em>, objet chor\u00e9graphique touffu compos\u00e9 de musique, de marionnettes, de cabaret-th\u00e9\u00e2tre \u00e0 la sauce talk-show am\u00e9ricain. Le propos y est fortement politique, comme bien souvent chez Harriague. Partant du discours de Greta Thunberg aux Nations Unies, \u00e0 New York, en 2019 et d\u2019un article du journal anglais <em>The Sun<\/em>\u00a0 \u00e0 propos de la jeune militante su\u00e9doise, la pi\u00e8ce brasse les th\u00e9matiques de l\u2019\u00e9cologie tout comme celles de la manipulation des m\u00e9dias.<\/p><p>S\u2019inspirant fortement du cabaret (soit une succession de num\u00e9ros bien r\u00f4d\u00e9s), <em>Of Prophets and Puppets<\/em> d\u00e9sar\u00e7onne plus qu\u2019il ne provoque ou questionne. Est-il vraiment \u00e0 sa place au sein du r\u00e9pertoire du Hessisches Staatsballet, bien plus \u00e0 l\u2019aise dans des \u0153uvres moins bavardes et show off ? Emmen\u00e9 par un ma\u00eetre de c\u00e9r\u00e9monie hilarant (impeccable <strong>Daniel Myers<\/strong>), la cr\u00e9ation encha\u00eene maladroits num\u00e9ros de marionnettes et interludes de danse jazz dat\u00e9s. Si elle saisit parfaitement (comme le musical <em>Cabaret<\/em> \u00e0 son \u00e9poque) l\u2019ambiance \u00ab\u00a0fin de monde\u00a0\u00bb que l\u2019humanit\u00e9 traverse actuellement dansant sur un volcan, s\u2019arrangeant de l&rsquo;avidit\u00e9 du divertissement, de la paresse et du manque de scrupules, elle ne parvient pas \u00e0 cr\u00e9er une farce totalement convaincante. Question de profondeur, de geste chor\u00e9graphique abouti. De liant entre le fond et la forme.<\/p><p><em>Of Prophets and Puppets<\/em> entend d\u00e9noncer notre st\u00e9rile et atone \u00e8re du buzz o\u00f9 un discours fort comme <em>How you dare\u00a0?<\/em> est chass\u00e9 par une vid\u00e9o de chat mignon sur les r\u00e9seaux puis par une autre vid\u00e9o plus sensationnelle d\u2019une catastrophe \u00e9cologique, etc. Avec sa succession de num\u00e9ros, la pi\u00e8ce reproduit, elle aussi, une sorte brouhaha incessant qui, in fine, nous emp\u00eache de nous poser pour repenser enfin le monde.<\/p><h6><strong>Biarritz, place et jardin<\/strong><\/h6><p><em>Le temps d\u2019aimer la danse<\/em> c\u2019est aussi celui d\u2019appr\u00e9cier sa principale ville-h\u00f4te\u00a0: Biarritz. On y arpente son centre-ville pour s\u2019y rendre qui \u00e0 un th\u00e9\u00e2tre de verdure, qui dans un jardin public pour une r\u00e9p\u00e9tition publique.<\/p><p>C\u2019est dans le jardin Pierre Forsans, face \u00e0 la gare du Midi que le chor\u00e9graphe franco-suisse <strong>Edouard Hue<\/strong> a donn\u00e9 sa r\u00e9p\u00e9tition publique d\u2019 <em>All i need<\/em>. On y d\u00e9couvre la Beaver Dam Company au travail, marquant les pas d\u2019une chor\u00e9graphie physique, tout empreinte de cette danse contemporaine isra\u00e9lienne si tendance. Edouard Hue donne les indications (\u00ab gagner en pr\u00e9cision via le travail du footwork \u00bb), montre le mouvement (\u00ab toujours le pelvis down \u00bb) dans un mix de fran\u00e7ais-anglais-allemand et les interpr\u00e8tes corrigent. Y a pas photo : entre la premi\u00e8re version \u00e0 froid et la toute derni\u00e8re pass\u00e9e au tamis des corrections, la phrase chor\u00e9graphique a gagn\u00e9 en intensit\u00e9 et pr\u00e9cision.<\/p><p>On retrouve plus tard dans la journ\u00e9e cette m\u00eame compagnie, dans le tr\u00e8s avenant quartier Saint-Charles, au Colis\u00e9e. Elle y joue <em>Yum\u00e9<\/em>, pi\u00e8ce \u00e0 destination des enfants d\u00e8s l\u2019\u00e2ge de 4 ans. Entre narration et abstraction, cette premi\u00e8re pi\u00e8ce jeune public d\u2019Edouard Hue, s\u2019inspire de contes et de films d\u2019animation japonais.<br \/>Spectacle sans parole, l\u2019h\u00e9ro\u00efne ne cesse de voyager, recherchant son ombre perdue dans un r\u00eave. L\u2019aventure l\u2019am\u00e8ne \u00e0 traverser des contr\u00e9es fantastiques et \u00e0 faire des rencontres aussi \u00e9tranges que rocambolesques.<\/p><p>S\u2019appuyant sur l\u2019art du\u00a0<em>Kuroko,<\/em>\u00a0utilis\u00e9 dans le th\u00e9\u00e2tre traditionnel japonais pour cr\u00e9er un monde d\u2019illusions, le chor\u00e9graphe construit autour d\u2019une danse physique un univers magique et onirique. Avec ses belles trouvailles sc\u00e9nographiques (un champ de fleurs mouvantes, une \u00e9pique s\u00e9quence de montre marin \u2026) et ses truculents interpr\u00e8tes, <em>Yum\u00e9 <\/em>fait le job, honn\u00eate hommage aux contes et dessins anim\u00e9s japonais dans le sillage du g\u00e9ant Studio Ghibli.<\/p><p>C\u2019est dans le th\u00e9\u00e2tre de verdure de la Villa Natacha que <strong>Christine Hassid<\/strong>, chor\u00e9graphe bordelaise, pr\u00e9sente <em>Souffles#1<\/em>\u00a0: <em>\u00ab\u00a0Cette cr\u00e9ation \u00e9tait une vraie prise de risque pour moi qui \u00e9crit depuis toujours au plateau. Ici, il s\u2019agit de mon premier hors-les-murs, pens\u00e9 dans la tourmente de la pand\u00e9mie. Etonnamment Souffles#1 est ma pi\u00e8ce qui tourne le plus. Nous en sommes \u00e0 la trenti\u00e8me \u2026 Comme quoi\u00a0: prendre des risques, sortir de sa zone de confort est toujours salvateur.\u00a0\u00bb <\/em>m\u2019explique en pr\u00e9ambule Christine.<\/p><p>Forme courte et performative, <em>Souffle#1<\/em> est une pi\u00e8ce pour trois interpr\u00e8tes et un large voile de plastique l\u00e9ger accroch\u00e9 aux branches d\u2019arbres. Au gr\u00e9 du vent qui fait se mouvoir le voile, se d\u00e9ploient 32 courts modules chor\u00e9graphiques jou\u00e9s dans un ordre al\u00e9atoire selon le feeling des danseurs qui par des jeux de regards et gestes imperceptibles par le public communiquent entre eux le d\u00e9roul\u00e9 de la partition. Ce samedi apr\u00e8s-midi vent et pluie se sont invit\u00e9s aux festivit\u00e9s. La pelouse est glissante, le voile est anim\u00e9 : les danseurs s\u2019adapteront. M\u00e8neront et subiront la pi\u00e8ce en m\u00eame temps, d\u00e9ployant une gestuelle physique (l\u00e0 encore on sent l\u2019influence isra\u00e9lienne de la Batsheva Dance Company o\u00f9 s\u2019est illustr\u00e9e Christine) et de plus en plus tourment\u00e9e au fur et \u00e0 mesure que la partition musicale de <strong>Damien Delpech<\/strong> s\u2019emballe.<\/p><p>A l\u2019issue de la repr\u00e9sentation, la chor\u00e9graphe invite le public \u00e0 investir l\u2019espace sc\u00e9nique de <em>Souffle#1<\/em>, soit une vaste pelouse qu\u2019encadrent deux marronniers. Se mettre \u00e0 la place du danseur. Ressentir sa vuln\u00e9rabilit\u00e9 sur cette pelouse glissante jonch\u00e9e de racines-chausses trappes, sentir le vent qui vous \u00e9branle, le soleil dans les yeux qui vous emp\u00eache \u2026 Puis il s\u2019agit de l\u00e2cher-prise. D\u2019oser la danse, le beau geste, le geste moche, le geste irr\u00e9v\u00e9rencieux. Derri\u00e8re cette invitation, Christine Hassid propose de d\u00e9mystifier la danse contemporaine. A ceux qui n\u2019auraient pas compris <em>Souffles#1<\/em>, elle r\u00e9pond\u00a0: ne cherche pas \u00e0 comprendre, danse avec moi, rejoue la sc\u00e8ne, l\u00e0 tu trouveras les cl\u00e9s de <em>Souffle#1<\/em>. Elle dit\u00a0: \u00ab\u00a0<em>Souffles#1\u00a0incarne la vie. L\u2019\u0153uvre donne \u00e0 voir au travers d\u2019un voile extr\u00eamement l\u00e9ger et de corps en mouvement les flux du vivant<\/em>.\u00a0\u00bb Oui Et l\u2019id\u00e9e de la danse contemporaine comme un doux moment de partage et de vivre-ensemble.<\/p><h6><strong>Hessisches Staatsballet \u2013 Bis<\/strong><\/h6><p>Gare du Midi, on retrouve la troupe de Wiesbaden-Darmstadt pour une deuxi\u00e8me soir\u00e9e qui d\u00e9bute avec <em>I\u2019m afraid to forget your smile <\/em>de la fratrie <strong>Imre &amp; Marne van Opstal<\/strong>, saisissante \u00e9l\u00e9gie sur la perte et le deuil.<\/p><p>Six corps gisent dans une zone d\u00e9limit\u00e9e encadr\u00e9e de longs bancs vides et \u00e9clair\u00e9e par une lumi\u00e8re z\u00e9nithale \u00e9blouissante. Soudainement les corps se mettent \u00e0 frapper le sol avec leurs jambes \u00e0 des rythmes altern\u00e9s. Un rythme comme un battement de tambour animant d&rsquo;autres parties de leur corps et les envoyant \u00e0 travers la sc\u00e8ne dans une chor\u00e9graphie percussive. Comme pour <em>Midnight Raga<\/em> de <strong>Marco Goecke<\/strong>, un contraste saisissant appara\u00eet entre la solennit\u00e9 des chants sacr\u00e9s qui r\u00e9sonnent dans la salle et les spasmes des corps \u00e9lectriques \u2013 et si virtuoses \u2013 de la compagnie emmen\u00e9e par l\u2019impressionnant <strong>Ramon John<\/strong>. Voix et\u00a0 mouvements s\u2019unissent somptueusement et d\u00e9peignent notre angoisse la plus primaire\u00a0: notre propre finitude et nos \u00e9mois face \u00e0 cette mort omnipr\u00e9sente, pr\u00eate \u00e0 ravir \u00e0 tout moment nos \u00eatres chers. Alternant solo, duo et danse d\u2019ensemble, <em>I\u2019m afraid to forget your smile<\/em> nous rappelle aussi \u00e0 quel point nous sommes plus que jamais seul au monde, malgr\u00e9 la pr\u00e9sence \u00e9ph\u00e9m\u00e8re de l\u2019Autre, du collectif et de la communaut\u00e9.<\/p><p>La communaut\u00e9, il en question dans le <em>Bol\u00e9ro <\/em>d\u2019<strong>Eyal Dadon<\/strong>. Et un <em>Bol\u00e9ro<\/em>, un\u00a0! Bient\u00f4t un si\u00e8cle que cette m\u00e9lodie uniforme et r\u00e9p\u00e9titive fascine les chor\u00e9graphes. Eyal Dadon s\u2019est amus\u00e9 ici \u00e0 d\u00e9construire la partition qui voit sa dur\u00e9e multiplier par deux. C\u2019est par le brillant solo de <strong>Tatsuki Takada<\/strong> que s\u2019ouvre la pi\u00e8ce, vite rejoint par une troupe v\u00eatue d\u2019amples pantalons-salopettes en jean, sorte de bleu de travail. Sur une sc\u00e8ne d\u00e9pouill\u00e9e qui laisse entrevoir toute la machinerie du lieu \u00e9volue un corps de ballet dans des s\u00e9quences m\u00e9caniques. On pense aux <em>Temps Modernes<\/em> de Chaplin qui a d\u00e9peint, non sans humour, les affres du taylorisme et du travail \u00e0 la cha\u00eene. C\u2019est moins riant ici, on sent m\u00eame sourdre la r\u00e9volte au fur et \u00e0 mesure que la partition du <em>Bol\u00e9ro<\/em> s\u2019\u00e9chauffe. Les mouvements \u00e0 l\u2019unisson laissent place \u00e0 l\u2019individualit\u00e9 revendicatrice, \u00e0 la fronde. Ca s\u2019emballe et propose une danse tout en r\u00e9p\u00e9tition et canon laissant le public interdit par une ex\u00e9cution au cordeau. Ovation forc\u00e9ment pour la compagnie allemande, v\u00e9ritable r\u00e9v\u00e9lation d\u2019un festival qui aime vraiment la danse, les danses.<\/p><p><strong>C\u00e9dric Chaory<\/strong><\/p><p><strong>\u00a9Olivier Houeix &#8211; <em>I&rsquo;m afraid to forget your smile<\/em><\/strong><\/p>\t\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t<\/div>\n\t\t\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t<\/section>\n\t\t\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La 33\u00e8me \u00e9dition du festival Le temps d\u2019aimer la danse s\u2019est referm\u00e9e le dimanche 17 septembre apr\u00e8s avoir propos\u00e9 un programme \u00e9clectique o\u00f9 ballets fran\u00e7ais et \u00e9trangers ont fait le bonheur du public. Retour sur le dernier week-end du festival avec en guest-star l\u2019\u00e9blouissant Hessisches Staatsballet. Danser Laboa Biarritz quartier P\u00e9tricot\u00a0; loin des demeures cossues &hellip;<\/p>\n<p class=\"read-more\"> <a class=\"\" href=\"http:\/\/umoove.art\/index.php\/2023\/09\/24\/le-temps-daimer-la-danse\/\"> <span class=\"screen-reader-text\">Le temps d&rsquo;aimer la danse<\/span> Lire la suite\u00a0\u00bb<\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"site-sidebar-layout":"default","site-content-layout":"default","ast-global-header-display":"","ast-banner-title-visibility":"","ast-main-header-display":"","ast-hfb-above-header-display":"","ast-hfb-below-header-display":"","ast-hfb-mobile-header-display":"","site-post-title":"","ast-breadcrumbs-content":"","ast-featured-img":"","footer-sml-layout":"","theme-transparent-header-meta":"","adv-header-id-meta":"","stick-header-meta":"","header-above-stick-meta":"","header-main-stick-meta":"","header-below-stick-meta":"","footnotes":""},"categories":[8],"tags":[],"class_list":["post-4817","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-critique-critique"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/umoove.art\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4817","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"http:\/\/umoove.art\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/umoove.art\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/umoove.art\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/umoove.art\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=4817"}],"version-history":[{"count":19,"href":"http:\/\/umoove.art\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4817\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":4846,"href":"http:\/\/umoove.art\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4817\/revisions\/4846"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/umoove.art\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=4817"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/umoove.art\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=4817"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/umoove.art\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=4817"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}