{"id":2507,"date":"2022-12-12T14:58:08","date_gmt":"2022-12-12T13:58:08","guid":{"rendered":"http:\/\/umoove.art\/?p=2507"},"modified":"2023-01-05T15:30:48","modified_gmt":"2023-01-05T14:30:48","slug":"les-plateaux-de-la-briqueterie","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/umoove.art\/index.php\/2022\/12\/12\/les-plateaux-de-la-briqueterie\/","title":{"rendered":"Les Plateaux de La Briqueterie"},"content":{"rendered":"\t\t<div data-elementor-type=\"wp-post\" data-elementor-id=\"2507\" class=\"elementor elementor-2507\" data-elementor-post-type=\"post\">\n\t\t\t\t\t\t\t\t\t<section class=\"elementor-section elementor-top-section elementor-element elementor-element-0996cc1 elementor-section-boxed elementor-section-height-default elementor-section-height-default\" data-id=\"0996cc1\" data-element_type=\"section\">\n\t\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-container elementor-column-gap-default\">\n\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-column elementor-col-100 elementor-top-column elementor-element elementor-element-25e2330\" data-id=\"25e2330\" data-element_type=\"column\">\n\t\t\t<div class=\"elementor-widget-wrap elementor-element-populated\">\n\t\t\t\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-element elementor-element-474640e elementor-widget elementor-widget-image\" data-id=\"474640e\" data-element_type=\"widget\" data-widget_type=\"image.default\">\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-widget-container\">\n\t\t\t<style>\/*! elementor - v3.14.0 - 26-06-2023 *\/\n.elementor-widget-image{text-align:center}.elementor-widget-image a{display:inline-block}.elementor-widget-image a img[src$=\".svg\"]{width:48px}.elementor-widget-image img{vertical-align:middle;display:inline-block}<\/style>\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"768\" height=\"768\" src=\"http:\/\/umoove.art\/wp-content\/uploads\/2023\/01\/Peter-Nkoghe-36-768x768.jpg\" class=\"attachment-medium_large size-medium_large wp-image-3981\" alt=\"\" srcset=\"http:\/\/umoove.art\/wp-content\/uploads\/2023\/01\/Peter-Nkoghe-36-768x768.jpg 768w, http:\/\/umoove.art\/wp-content\/uploads\/2023\/01\/Peter-Nkoghe-36-300x300.jpg 300w, http:\/\/umoove.art\/wp-content\/uploads\/2023\/01\/Peter-Nkoghe-36-1024x1024.jpg 1024w, http:\/\/umoove.art\/wp-content\/uploads\/2023\/01\/Peter-Nkoghe-36-150x150.jpg 150w, http:\/\/umoove.art\/wp-content\/uploads\/2023\/01\/Peter-Nkoghe-36.jpg 1080w\" sizes=\"auto, (max-width: 768px) 100vw, 768px\" \/>\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t<\/div>\n\t\t\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t<\/section>\n\t\t\t\t<section class=\"elementor-section elementor-top-section elementor-element elementor-element-3f5e046 elementor-section-boxed elementor-section-height-default elementor-section-height-default\" data-id=\"3f5e046\" data-element_type=\"section\">\n\t\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-container elementor-column-gap-default\">\n\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-column elementor-col-100 elementor-top-column elementor-element elementor-element-70328c0\" data-id=\"70328c0\" data-element_type=\"column\">\n\t\t\t<div class=\"elementor-widget-wrap elementor-element-populated\">\n\t\t\t\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-element elementor-element-f36c93e elementor-widget elementor-widget-text-editor\" data-id=\"f36c93e\" data-element_type=\"widget\" data-widget_type=\"text-editor.default\">\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-widget-container\">\n\t\t\t<style>\/*! elementor - v3.14.0 - 26-06-2023 *\/\n.elementor-widget-text-editor.elementor-drop-cap-view-stacked .elementor-drop-cap{background-color:#69727d;color:#fff}.elementor-widget-text-editor.elementor-drop-cap-view-framed .elementor-drop-cap{color:#69727d;border:3px solid;background-color:transparent}.elementor-widget-text-editor:not(.elementor-drop-cap-view-default) .elementor-drop-cap{margin-top:8px}.elementor-widget-text-editor:not(.elementor-drop-cap-view-default) .elementor-drop-cap-letter{width:1em;height:1em}.elementor-widget-text-editor .elementor-drop-cap{float:left;text-align:center;line-height:1;font-size:50px}.elementor-widget-text-editor .elementor-drop-cap-letter{display:inline-block}<\/style>\t\t\t\t<h4><strong>La semaine derni\u00e8re avait lieu la 25<sup>\u00e8me<\/sup> \u00e9dition des Plateaux de la Briqueterie, \u00e0 la Briqueterie CDCN du Val de Marne de Vitry sur Seine.\u00a0<\/strong><strong style=\"font-style: inherit; background-color: var(--ast-global-color-5);\">L\u2019 occasion pendant trois jours de d\u00e9couvrir de nouveaux spectacles, des chor\u00e9graphes \u00e9mergeants et d\u2019autres connus et reconnus sur la sc\u00e8ne chor\u00e9graphique internationale. Deuxi\u00e8me journ\u00e9e de ces Plateaux riches en propositions.<\/strong><\/h4><p>En ce vendredi ensoleill\u00e9, c\u2019est le tandem Jonas-Lander qui d\u00e9marre cette journ\u00e9e de danse. Avec leur spectacle <em>Adorabilis<\/em>, ils nous plongent (et c\u2019est peu de le dire) dans un univers fantasmagorique, ou pas\u00a0?, aux personnages proches de ceux du peintre J\u00e9r\u00f4me Bosch. Jonas Lopes, Lander Patrick et Lewis Seivwright incarnent une esp\u00e8ce de mollusque l\u2019Adorabilis, ayant pour qualit\u00e9 de se d\u00e9placer presque uniquement en groupe, tout en faisant des mouvements synchrones. Le torse nu, des chaussettes roses aux pieds, serr\u00e9s dans un leggings d\u00e9cor\u00e9 de motifs noir et blanc, le visage l\u00e9g\u00e8rement transform\u00e9 par une sorte de bas r\u00e9sille, ils \u00e9voluent la plupart du temps, c\u2019est selon, sur la pointe des pieds ou \u00e0 quatre pattes. Le geste pr\u00e9cis rappelant parfois le voguing, l\u2019Adorabilis explore l\u2019espace et ses hauteurs. Tels des rituels dans\u00e9s, le trio inventent postures et gimmicks cr\u00e9ant ainsi une grammaire propre \u00e0 ce poulpe, semblant jouir par l\u00e0-m\u00eame en permanence du mouvement qui les anime. Il y a du jeu chez ce mollusque \u00e0 l\u2019\u0153il g\u00e9ant r\u00e9gissant les faits et gestes de ses tentacules. Ou peut-\u00eatre d\u2019autres choses\u00a0?<\/p><p>Ce trio cr\u00e9\u00e9 par Jonas et Lander amuse, interpelle, \u00e9tonne et pourtant malgr\u00e9 ces qualit\u00e9s, il est difficile de saisir le chemin qui le meut. Quelques instants de folie po\u00e9tique \u00e9mergent mais sur la dur\u00e9e du spectacle, ces derniers se d\u00e9litent et se perdent. L\u2019univers artistique et l\u2019imaginaire des deux chor\u00e9graphes Jonas et Lander sont foisonnants mais pas toujours lisibles. Peut-\u00eatre faut-il prendre <em>Adorabilis <\/em>comme un objet chor\u00e9graphique non identifi\u00e9\u00a0? Et se laisser traverser, sans autre attente.<\/p><p>L\u2019apr\u00e8s-midi se poursuit avec un univers compl\u00e8tement diff\u00e9rent de celui de Jonas et Lander.<\/p><p>En effet, Ingrid Berger Myhre nous propose <em>Blanks<\/em>, sa derni\u00e8re cr\u00e9ation. La jeune chor\u00e9graphe norv\u00e9gienne use de diff\u00e9rents outils (la vid\u00e9o, l\u2019\u00e9criture, la musique, le scotch, un ballon\u2026) comme autant de pr\u00e9textes \u00e0 cr\u00e9er du mouvement, \u00e0 faire du corps un corps dansant et \u00e0 le regarder comme tel. La danse d\u2019Ingrid Berger Myhre \u00e9mane de mesures, d\u2019\u00e9coute, de sensations, de projections. Elle est en mouvement permanent m\u00eame lorsqu\u2019elle ne bouge pas vraiment ou lorsqu\u2019elle se cache du public. On per\u00e7oit chez cette jeune femme une acuit\u00e9 vitale. Le moindre geste est li\u00e9 \u00e0 des signes qu\u2019elles d\u00e9veloppent aussit\u00f4t qu\u2019ils apparaissent ou qu\u2019elle les fait appara\u00eetre. Le corps souple, l\u00e9ger, elle d\u00e9gage l\u2019espace, le travaille comme une mati\u00e8re sensible \u00e0 l\u2019image d\u2019une sculptrice.<\/p><p><em>Blanks<\/em> est un spectacle non spectaculaire. Tout y est \u00e9crit et pens\u00e9 fortement. Et c\u2019est peut-\u00eatre l\u00e0 que le bas blesse\u00a0! La l\u00e9g\u00e8ret\u00e9 avec laquelle Ingrid Berger Myhre d\u00e9ploie ses proc\u00e9d\u00e9s et processus, nous entraine dans cette fa\u00e7on de voir la danse et de s\u2019interroger sur le moment o\u00f9 elle appara\u00eet. Mais rarement, nous nous sentons concern\u00e9s par les sensations qu\u2019elle traverse. Le spectateur est en dehors de la mati\u00e8re m\u00eame. <em>Blanks<\/em> d\u00e9veloppe une sorte de contrari\u00e9t\u00e9 pour celui-ci. Ce spectacle met en mouvement la danseuse-interpr\u00e8te et l\u2019on s\u2019amuse de tous les argumentaires et outils dont elle use pour ce faire, mais dans un m\u00eame temps il y a une forme de neutralit\u00e9 et de froideur dans ses processus qui nous laisse pantois. Une faible empathie s\u2019exprime, car nous sommes amus\u00e9s de la voir s\u2019amuser mais de l\u00e0 \u00e0 \u00eatre dans l\u2019\u00e9motion, la sensation ou le ressenti \u00e0 proprement parler, il y a un grand foss\u00e9. Le travail d\u2019Ingrid Berger Myhre est assez conceptuel et ne s\u2019enquiert pas de raconter une histoire, de nous faire partager des \u00e9motions li\u00e9es \u00e0 des \u00e9tats de corps. Il en est ainsi et il doit donc \u00eatre pris comme tel, m\u00eame si les attentes sont parfois autres.<\/p><p>Le soleil est encore l\u00e0. Les spectateurs sont alors invit\u00e9s \u00e0 rejoindre le parvis de la Briqueterie o\u00f9 Louis Barreau s\u2019appr\u00eate \u00e0 danser son bol\u00e9ro. <em>Bolero Bolero Bolero pour 1 performeur<\/em>, est la version de ce chor\u00e9graphe, danseur et musicien form\u00e9 au conservatoire de La Roche-sur-Yon. L\u2019\u00e9criture chor\u00e9graphique de Louis Barreau \u00e9mane avant toute chose de l\u2019ostinato rythmique de la partition du <em>Bolero<\/em> de Ravel. Pendant pr\u00e8s de 20 minutes, il va ainsi d\u00e9cliner sa phrase chor\u00e9graphique dans l\u2019espace. A l\u2019horizontale ou \u00e0 la verticale, cette derni\u00e8re s\u2019inscrit et se d\u00e9veloppe dans l\u2019espace avec une intensit\u00e9 grandissante. La composition de Ravel est tellement puissante que s\u2019y confronter rel\u00e8ve du d\u00e9fi. Louis barreau nous propose donc une partition dans\u00e9e s\u2019appuyant parfaitement sur la musique et qu\u2019il d\u00e9place de mani\u00e8re minutieuse, la faisant spiraler. La phrase chor\u00e9graphique r\u00e9p\u00e9t\u00e9e, accumul\u00e9e, d\u00e9plac\u00e9e cr\u00e9e ainsi une figure fractale. Ce n\u2019est alors plus le corps qui se meut mais la musique qui meut le corps et le transporte d\u2019un espace \u00e0 l\u2019autre, d\u2019une hauteur \u00e0 une autre jusqu\u2019\u00e0 l\u2019ultime ascension musicale. <em>Bolero Bolero Bolero pour 1 performeur<\/em> par l\u2019ostinato rythmique sur lequel il s\u2019appuie, d\u00e9clenche rapidement diff\u00e9rentes sensations, de puissance bien s\u00fbr, de r\u00e9volte, d\u2019acharnement, de combat, comme si la r\u00e9p\u00e9tition donnait une force incommensurable. Ici, la force musicale prend toute la place. La danse de Louis Barreau est fluide et l\u2019apparente tranquillit\u00e9 se transforme au fur et \u00e0 mesure du morceau. Mais il ne se d\u00e9gage rien de ce duo qu\u2019il tisse avec le morceau de Ravel. Le visage laisse transpara\u00eetre la physicalit\u00e9 que l\u2019\u00e9criture chor\u00e9graphie et la pr\u00e9sence \u00e0 la musique demandent, mais pas plus que cela. Il n\u2019est pas ici question d\u2019incarnation. On se laisse porter par cette danse \u00e0 la couleur pastel (et ce malgr\u00e9 les pantalons et tee-shirt jaunes du danseur) sans autre intention. Une danse sans \u00e9v\u00e9nement. Un visage sans \u00e9v\u00e9nement. Une partition qui accompagne une autre partition, tout simplement.<\/p><p>Le voyage chor\u00e9graphique se poursuit \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur, cette fois dans le jardin de la Briqueterie.<\/p><p>On y retrouve la compagnie Arrangement Provisoire dirig\u00e9e par Jordi Gali. L\u2019artiste, danseur-interpr\u00e8te pour de nombreux chor\u00e9graphes comme Anne Teresa de Keersmaeker, Wim Vandekeybus et Maguy Marin entre autres,\u00a0 d\u00e9veloppe depuis quelques ann\u00e9es des projets o\u00f9 dialoguent gestes et objets. A l\u2019occasion des Plateaux de la Briqueterie, il nous donne \u00e0 voir l\u2019installation <em>Pavillon Fuller<\/em>. Accompagn\u00e9 par des \u00e9tudiants des Rencontres Internationales de Danse contemporaine, il d\u00e9ploie une structure faite de poutres en bois et de cordes. Par un mouvement d\u2019\u00e9tirement des cordes depuis un pilier central en bois, la structure s\u2019\u00e9l\u00e8ve petit \u00e0 petit dans les airs, laissant place \u00e0 un pavillon (papillon). A l\u2019image des voiles avec lesquelles la chor\u00e9graphe Lois Fuller dansait et les faisait virevolter, les ailes de bois se d\u00e9ploient. Seuls quatre angles de poutre restent en contact avec le sol. Et lorsque plus aucune corde n\u2019est tendue ou tir\u00e9e par les participants, la magie op\u00e8re. La structure tient seule et semble pr\u00eate \u00e0 s\u2019envoler. Cette magie est en partie due \u00e0 cette qualit\u00e9 d\u2019\u00e9coute, de la mati\u00e8re et des corps. Chacun est \u00e0 sa place, sait ce qu\u2019il doit faire, tout se passe dans un attentif silence. Les corps agissent en parfaite coop\u00e9ration pour qu\u2019\u00e9merge un objet artistique unique. Belle r\u00e9ussite.<\/p><p>Retour en salle, pour la derni\u00e8re cr\u00e9ation de Benjamin Bertrand <em>Rafales<\/em>. N\u00e9 sous X, Benjamin Bertrand d\u00e9veloppe une \u00e9criture chor\u00e9graphique largement inspir\u00e9e de son autobiographie. En 2014, il avait cr\u00e9\u00e9 <em>Orages<\/em>. Un solo o\u00f9 il collaborait d\u00e9j\u00e0 avec le plasticien Patrick Laffont. Avec <em>Rafales<\/em> l\u2019artiste poursuit sa recherche autour de son origine et de son mouvement ondulatoire. Accompagn\u00e9 au plateau de la danseuse L\u00e9onore Zurfl\u00fch et du cr\u00e9ateur sonore Florent Colautti, Benjamin Bertrand d\u00e9veloppe des \u00e9tats de corps li\u00e9s \u00e0 l\u2019ondulation donc, la spirale, la tension musculaire et la vibration. Au d\u00e9but de la pi\u00e8ce, les corps pratiquement nus des deux danseurs se cherchent, se relient, exultent, vibrent ensemble sans jamais qu\u2019il y ait un r\u00e9el contact. Et pourtant on sent tr\u00e8s fortement que l\u2019un est l\u2019autre, que les corps s\u2019embrassent par un rythme commun, une ondulation commune. Tr\u00e8s proches l\u2019un de l\u2019autre, ils sont deux un homme, une femme et pourtant ils ne font qu\u2019un. Personnage polymorphe, cr\u00e9ature hermaphrodite, le genre n\u2019importe plus. Le duo est un, puis deux de nouveau. Homme femme, ce sont les diff\u00e9rences qui r\u00e9unissent plus qu\u2019elles ne s\u00e9parent. Le dialogue se fait dans le mouvement, dans cette tension port\u00e9e \u00e0 l\u2019extr\u00eame. Les corps se tendent puis entrent en transe dans un pas de deux n\u00e9cessitant le rel\u00e2ch\u00e9. Belle sc\u00e8ne qui donne le tournis o\u00f9 le corps de l\u2019un semble s\u2019imbriquer dans le corps de l\u2019autre o\u00f9 l\u2019on ne sait plus quel est le point de d\u00e9part. Qui de l\u2019\u0153uf ou de la poule\u00a0? Qui fait danser l\u2019autre\u00a0? Qui initie le mouvement giratoire de l\u2019autre\u00a0? Pas de r\u00e9ponse. L\u2019\u00e9nergie des corps les fait se confondre, l\u2019unit\u00e9 appara\u00eet. A l\u2019image de l\u2019\u00e9norme plastique mu par un \u00e9norme ventilateur, les danseurs s\u2019\u00e9l\u00e8vent. Travers\u00e9s par une \u00e9nergie dont ils sont \u00e0 la fois les ma\u00eetres d\u2019\u0153uvre et les d\u00e9positaires, ils voyagent dans des \u00e9tats \u00e0 la fois troubles et pr\u00e9cis. De la r\u00e9p\u00e9tition, de la tension naissent la confusion puis le rel\u00e2ch\u00e9, l\u2019abandon n\u2019est pas loin.<\/p><p>Vient alors le temps du contact. Un contact compos\u00e9, \u00e9crit qui prend son sens dans la r\u00e9p\u00e9tition et le d\u00e9r\u00e8glement qui s\u2019en suit. <em>Rafales<\/em> est une pi\u00e8ce sombre et troubl\u00e9e \u00e0 l\u2019image des premi\u00e8res sc\u00e8nes qui se d\u00e9roulent dans un \u00e9pais brouillard. Et c\u2019est bien des corps qu\u2019\u00e9mane petit \u00e0 petit la lumi\u00e8re. La qu\u00eate insatiable de soi et son pendant celle de l\u2019autre, est en perp\u00e9tuel mouvement. Avec en partage l\u2019humanit\u00e9, les corps se fondent, s\u2019affirment, se repoussent et s\u2019aimantent. Les chemins sont parfois distincts comme pour mieux se retrouver avec \u00ab\u00a0en partage un territoire sensible\u00a0\u00bb.<\/p><p>Benjamin Bertrand d\u00e9veloppe en effet, un travail sensible o\u00f9 le corps est souvent d\u00e9nu\u00e9 d\u2019artifice et o\u00f9 la chair et l\u2019organicit\u00e9 cr\u00e9ent la mati\u00e8re chor\u00e9graphique. <em>Rafales<\/em> nous entraine dans cet univers entre autobiographie et fiction. A travers ce spectacle, le spectateur fait l\u2019exp\u00e9rience d\u2019\u00e9tats de corps comme autant d\u2019\u00e9tats \u00e9motionnels.<\/p><p>Changement de lieu, les Plateaux migrent alors vers le Th\u00e9\u00e2tre Jean Vilar de Vitry-sur-Seine dans le cadre de l\u2019ouverture de saison 2017\/2018. La soir\u00e9e commence par <em>Rue <\/em>de Volmir Cordeiro (spectacle auquel nous n\u2019avons pu assister) accompagn\u00e9 aux percussions par Washington Timbo. La pi\u00e8ce fut jou\u00e9e sur l\u2019esplanade devant le th\u00e9\u00e2tre offrant ainsi la possibilit\u00e9 aux habitants du quartier d\u2019y assister et de se confronter \u00e0 cette vision de la rue propre au chor\u00e9graphe.<\/p><p>Enfin pour terminer la journ\u00e9e, \u00e9tait pr\u00e9sent\u00e9e dans la grande salle du th\u00e9\u00e2tre, la derni\u00e8re pi\u00e8ce de Radhouane El Meddeb<em> Face \u00e0 la mer, pour que les larmes deviennent des \u00e9clats de rire<\/em>. Cette pi\u00e8ce est l\u2019occasion pour le chor\u00e9graphe tunisien de r\u00e9unir diff\u00e9rents artistes de son pays (com\u00e9diens, danseurs, musiciens\u2026 ) et d\u2019interroger la nouvelle r\u00e9alit\u00e9 \u00e0 laquelle le peuple fait face apr\u00e8s la r\u00e9volution. Un chanteur, un musicien et huit interpr\u00e8tes forment ce peuple-ch\u0153ur. La pr\u00e9sence au plateau de ces dix personnes donne un \u00e9chantillon de cette population qui s\u2019est battue pour plus de d\u00e9mocratie. Par de simples d\u00e9placements, souvent lin\u00e9aires, ils se croisent, se suivent, tout en faisant toujours face au public. Le public comme cette mer nomm\u00e9e dans le titre du spectacle. Qu\u2019est-ce qu\u2019ils cherchent\u00a0? Qu\u2019est-ce qu\u2019ils veulent nous dire\u00a0? Avec certitude\u00a0: ne pas baisser les bras, quand bien m\u00eame la folie se fait jour. Cette frontalit\u00e9 permanente, du d\u00e9but \u00e0 la fin de la pi\u00e8ce, offre \u00e0 voir un peuple debout qui fait face \u00e0 son histoire et qui souhaite \u00e0 n\u2019en pas douter tirer son \u00e9pingle du jeu. On per\u00e7oit fortement que quelques soient les difficult\u00e9s de mise en place des changements, la marche arri\u00e8re n\u2019est plus possible. Et m\u00eame si les trajectoires individuelles varient,\u00a0 le temps est venu de se r\u00e9unir pour danser, chanter, se porter et construire un avenir plus juste o\u00f9 les larmes c\u00e8dent la place aux rires. Belle sc\u00e8ne, o\u00f9 les danseurs se retrouvent en ligne, se prennent les mains et frappent le sol \u00e0 la mani\u00e8re des danses traditionnelles de groupe. Ce qui \u00e9meut dans le spectacle de Radhouane El Meddeb c\u2019est cette addition d\u2019individus qui forme un groupe uni quoi qu\u2019il arrive. La folie de l\u2019un, le doute de l\u2019autre, tout est possible mais les avanc\u00e9es ne se feront qu\u2019unis. Les interpr\u00e8tes nous regardent debout, marchent de face, de profil, veillant \u00e0 ce qu\u2019aucune collision ne s\u2019op\u00e8re. Les trajectoires sont droites, claires et vives. Les corps sont tenus et ancr\u00e9s m\u00eame lorsque les danseurs se portent entre eux. Autre belle image que cette d\u00e9licatesse avec laquelle l\u2019une s\u2019abaisse afin que l\u2019autre puisse monter sur ses \u00e9paules, chacun est port\u00e9 comme une pierre pr\u00e9cieuse. Chacun aide l\u2019autre \u00e0 voir au-del\u00e0.<\/p><p><em>Face \u00e0 la mer, pour que les larmes deviennent des \u00e9clats de rire, <\/em>est une pi\u00e8ce int\u00e9ressante pour le regard que pose le chor\u00e9graphe sur l\u2019actualit\u00e9 de son pays. Les chants de Mohamed Ali Chebil et les compositions musicales au piano de Jihed Khmiri participent \u00e0 cette vitalit\u00e9 inh\u00e9rente \u00e0 tout peuple qui d\u00e9placent les lignes et fronti\u00e8res dans lesquelles on veut l\u2019enfermer. Cependant la pi\u00e8ce m\u00e9riterait d\u2019\u00eatre resserr\u00e9e. L\u2019image principale de ces corps marchant en silence, face au public, est forte mais sur la dur\u00e9e para\u00eet trop t\u00e9nue et ce malgr\u00e9 les soli la ponctuant.<\/p><p><strong>Fanny Brancourt<\/strong>, La Briqueterie CDCN du Val de Marne (Septembre 2017)<\/p><p><strong>Ingrid Berger Myhre &#8211; BLANKS (DR)<\/strong><\/p>\t\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t<\/div>\n\t\t\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t<\/section>\n\t\t\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La semaine derni\u00e8re avait lieu la 25\u00e8me \u00e9dition des Plateaux de la Briqueterie, \u00e0 la Briqueterie CDCN du Val de Marne de Vitry sur Seine.\u00a0L\u2019 occasion pendant trois jours de d\u00e9couvrir de nouveaux spectacles, des chor\u00e9graphes \u00e9mergeants et d\u2019autres connus et reconnus sur la sc\u00e8ne chor\u00e9graphique internationale. Deuxi\u00e8me journ\u00e9e de ces Plateaux riches en propositions. &hellip;<\/p>\n<p class=\"read-more\"> <a class=\"\" href=\"http:\/\/umoove.art\/index.php\/2022\/12\/12\/les-plateaux-de-la-briqueterie\/\"> <span class=\"screen-reader-text\">Les Plateaux de La Briqueterie<\/span> Lire la suite\u00a0\u00bb<\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"site-sidebar-layout":"default","site-content-layout":"default","ast-global-header-display":"","ast-banner-title-visibility":"","ast-main-header-display":"","ast-hfb-above-header-display":"","ast-hfb-below-header-display":"","ast-hfb-mobile-header-display":"","site-post-title":"","ast-breadcrumbs-content":"","ast-featured-img":"","footer-sml-layout":"","theme-transparent-header-meta":"","adv-header-id-meta":"","stick-header-meta":"","header-above-stick-meta":"","header-main-stick-meta":"","header-below-stick-meta":"","footnotes":""},"categories":[8],"tags":[],"class_list":["post-2507","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-critique-critique"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/umoove.art\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2507","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"http:\/\/umoove.art\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/umoove.art\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/umoove.art\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/umoove.art\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=2507"}],"version-history":[{"count":7,"href":"http:\/\/umoove.art\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2507\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":4008,"href":"http:\/\/umoove.art\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2507\/revisions\/4008"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/umoove.art\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=2507"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/umoove.art\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=2507"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/umoove.art\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=2507"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}